Aux limites de l’innovation

We Wear Culture : plongée numérique au cœur de la mode

Google Arts et Culture lance une nouvelle plate-forme culturelle dédiée cette fois-ci à la mode. Voici l’occasion de mettre en scène les technologies les plus récentes ! Google signe ainsi, avec ses partenaires, une collection de mode qui remonte à plus de 300 ans !

 

Le projet de Google Arts et Culture baptisé We Wear Culture nous fait remonter trois siècles de mode en une seule visite ! Plus de 180 institutions culturelles ont participé au projet dans le monde, notamment le musée des Arts Décoratifs de Paris, le Château de Versailles, les musées de Calais ou le Centre National du Costume de Scène en France mais aussi le Metropolitan Museum of Art de New York, le Ferragamo Museo de Florence, le Kyoto Costume Institute ou le Kobe Fashion Museum. Chaque partenaire construit sa ou ses expositions virtuelles, pures créations ou prolongement d’expositions existantes ou ayant existé dans leurs murs.

On peut ainsi découvrir l’importance du paraître à la Cour de Versailles sous Marie-Antoinette comme l’histoire de la mécanique des dessous qui s’est intéressée à la silhouette féminine !

« We Wear Culture : à chaque mode son histoire » se veut un projet protéiforme qui évoque aussi bien les techniques et les savoir-faire que les impacts économiques et sociologiques de la mode. Il permet de donner une autre dimension à un sujet souvent réservé aux podiums des grandes maisons de mode. « La technologie et le numérique nous permettent d’aller bien au-delà de la simple présentation d’une pièce », explique Olivier Gabet, directeur du musée des Arts Décoratifs, « Ils nous donnent les moyens de mettre en scène la narration, de raconter l’histoire du vêtement, de son créateur ou de la personne qui l’a porté. Cela nous permet de partager un domaine encore réservé à une forme d’élite mais qui nourrit l’appétit de beaucoup de personnes ».

 

Zoomer jusqu’au moindre fil du tissu

Le projet met en œuvre, selon les partenaires, différentes technologies, notamment celle du Gigapixels, l’Ultra-haute résolution de la Google Art Camera, déjà utilisée pour reproduire des œuvres d’autres chapitres du site, comme le plafond de l’Opéra de Paris. Cette technologie permet de zoomer tout en gardant une qualité optimale de visionnage. On parvient à une précision extrême dans l’exploration des pièces présentées, sans perdre le moindre détail, du montage des pièces à la griffe du créateur en passant par la finesse des broderies et l’inclusion de perles ou de pierres… On zoome dans le tableau de Marie-Antoinette jusqu’à percevoir le moindre trait de pinceau du peintre comme on découvre également jusqu’au moindre fil et au moindre nœud de pièces délicates de dentelles de Calais.

 

Découvrir des dentelles à foison

C’est d’ailleurs à Calais qu’une autre technologie a été opérée, le scanning qui a été utilisé pour numériser la tissuthèque de la Cité de la Mode et de la Dentelle, c’est-à-dire l’ensemble des échantillons de dentelle conservés par le musée. Cela permet de se faire une idée presque exhaustive des techniques utilisées pour réaliser ses petites merveilles de légèreté qui font partie intégrante des vêtements de créateurs, de cérémonie et même du quotidien.

La petite robe noire de Coco Chanel à 360°

Enfin, la réalité augmentée a été au centre du projet afin de présenter d’une manière innovante quatre pièces iconiques qui ont marqué l’histoire de la mode telles que les chaussures de Marilyn Monroe ou l’emblématique petite robe noire de Coco Chanel. On découvre cette dernière dans une vidéo à 360 degrés qui mixe l’image de la robe placée sur un piédestal au centre d’une des salles des Arts Décoratifs avec des animations toutes en légèreté qui racontent l’histoire de la création de cette robe, alors révolutionnaire, devenue culte depuis. Une vidéo qui donne envie de découvrir l’original, bien entendu visible au musée.

 

Car c’est un des avantages de ces expositions virtuelles. Elles ne s’opposent pas aux lieux de culture, bien au contraire.  « L’expérience numérique n’est pas en compétition avec la visite réelle des musées. Plus on montre, plus on attise le désir », souligne Laurent Gaveau, directeur du Lab Google Arts et Culture. « C’est un cercle vertueux. Ces expositions virtuelles donnent envie d’en savoir plus et de se déplacer. Elles attirent un nouveau public dans les musées ».

 

Nathalie Bloch-Sitbon

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