Aux limites de l’innovation

Voler avec un Jetpack… bientôt une réalité ?

C’est l’objet ultime du chasseur de prime Boba Fett dans Star Wars et un des gadgets de James Bond. Le jetpack, un réacteur dorsal qui permet aux hommes de prendre leur envol est une invention qui débride l’imaginaire. Imaginez : voler dans les airs avec une machine sur le dos, donnant une liberté de mouvement totale et une vitesse comparable à celles de petits avions.

 

Des débuts difficiles et dangereux

Et pourtant, si l’on redescend sur terre, le jetpack est un engin dangereux. Très dangereux. Il faut imaginer être propulsé à travers ciel par deux réacteurs attachés directement au corps comme un sac à dos. Outre le risque d’explosion en vol de l’engin, de brûlure et de panne qui entraînerait son utilisateur vers un destin funeste, piloter une turbine du genre n’aurait rien d’un jeu d’enfant.

Plusieurs tentatives ont vu le jour depuis les années 1960, quand Bell Aerosystems a sorti ce qu’ils ont appelé la Rocket Belt, une « ceinture » qui permettait de propulser un homme en hauteur grâce à plusieurs jets de gaz. Ce prototype du jetpack avait pourtant un problème de taille : comme la combustion était extrêmement gourmande en énergie, le vol était limité à… 25 secondes.

Gene Shoemaker  rocket belt
Gene Shoemaker avec le rocket belt

Aujourd’hui, le moyen le plus sécurisé de reproduire la sensation vient d’une société française, Pearl Watersports, qui, avec une société allemande, a créé le Jetlev. Ce jetpack d’eau est un moyen grand public de voler librement grâce à un sac à dos propulsé non pas par une combustion, mais par de l’eau de mer aspirée par un tube et qui fait office de réacteur. Le risque est moindre et si vous ne pouvez pas vous payer un modèle à quelques 50 000 euros, il est possible de le tester dans certaines stations balnéaires.

 

Mais la conquête de l’air dans tout ça ?

Malgré les échecs successifs, elle n’a pas été abandonnée. Deux modèles ont fait parler d’eux récemment. Troy Hartman a développé un jetpack associé d’un parapente qui permet de prendre son envol depuis le sol et de voler grâce à la puissance des réacteurs de l’engin. Le second est Jet Wingpack d’Yves Rossi, qui, lâché depuis un avion, lui a permis de faire un ballet savamment orchestré au-dessus du désert. Cet engin est peut-être le plus abouti  parmi les modèles qui fonctionnent véritablement — c’est en tout cas celui qui a réveillé les fantasmes des internautes grâce à une longue vidéo postée il y a quelques semaines sur Youtube :

Une troisième compagnie a fait une annonce fracassante après être passée au Bourget pour une démonstration en réalité virtuelle : Martin Aircraft, entreprise néozélandaise, a promis que le jetpack qu’elle développait depuis 35 ans serait disponible à la vente à la fin de l’année 2016. 150 000 euros devront être déboursés pour acquérir l’un de ces engins qui ne sera malheureusement pas pour le grand public : la société souhaite en faire un outil d’intervention rapide pour la gendarmerie, l’armée ou les pompiers. Il faudra attendre encore un peu pour pouvoir faire la course entre les Alpes.

Martin Jetpack

Share This Article

Related Topics

Innovation technologique

Read This Next

Read Full Story