Aux limites de l’innovation

Trois drones conçus pour sauver des vies

Livrer du sang, sauver des vies de la noyade et du feu ou encore récolter des informations pour la survie des animaux fragiles… Les capacités d’analyse et de récolte des informations, la précision et surtout la rapidité d’exécution des drones permettent d’optimiser le temps de prise en charge des êtres en danger. Zoom sur trois drones sauveteurs : Zipline, Falcon 8+ et Helper.

 

Zipline, le premier drone transporteur de sang

La jeune société Zipline basée en Californie a fait parler d’elle grâce à son idée ingénieuse : livrer du sang par drone. Grâce à elle, des livraisons d’urgence ont déjà pu être effectuées au Rwanda. Elle a annoncé récemment son intention d’opérer ses services en Tanzanie dès le début de l’année prochaine.

Zipline, le premier drone transporteur de sang
Zipline, le premier drone transporteur de sang

Lancée en automne 2016, Zipline fut la première société à proposer un service de livraison de cette envergure : depuis octobre dernier, la société a effectué près de 1400 vols commerciaux et livré 2600 unités de sang, dont un quart pour les services d’urgence. Grâce à ces livraisons, de nombreuses vies ont pu être sauvées.

« Les appareils sont plus rapides et plus sûrs que les transports par la route. Il y a un gain de temps et donc d’efficacité considérable », explique Maggie Jim, chef d’équipe de la société.

Au Rwanda, beaucoup de routes sont impraticables pendant la saison des pluies, et il faut parfois des heures pour atteindre certains villages à cause de terrains montagneux compliqués. Le moindre retard dans la prise en charge d’un patient peut s’avérer fatal : énormément de femmes enceintes décèdent suite à des hémorragies faute de transfusion sanguine…

Zipline espère réduire le taux de mortalité en réduisant le temps de prise en charge : 4 heures de route ne deviennent plus qu’une question de minutes.

 

 

La société californienne a mis en place un système ingénieux pour ravitailler les hôpitaux en sang et médicament : les établissements médicaux passent commande au centre de distribution Zipline par SMS ou via l’application What’s App. Une fois la commande passée, le sang est disposé dans un petit carton rouge de la taille d’une boite à chaussure.

Une fois le drone prêt, celui-ci embarque le paquet puis décolle : il peut atteindre une vitesse de 90km/h avec une autonomie qui lui permet de parcourir 150km.

Une fois arrivé à proximité du lieu de livraison, l’établissement demandeur reçoit un message qui lui indique l’arrivée imminente de son colis. Le paquet est lâché et atterrit en douceur au sol grâce à un parachute. Le drone retourne alors à la base, prêt à effectuer d’autres missions.

Aujourd’hui Zipline compte près d’une dizaine de décollage par jour.

 

Falcon 8+ : un concentré de technologie pour analyser tout type de situation

Le Falcon 8+ est une machine puissante très utile pour l’examen d’infrastructures ou la cartographie des bâtiments. Ce bijou de technologie, destiné aux professionnels, peut scanner des zones au millimètre près. Certains acteurs des services d’incendie ou de la protection animale ont voulu détourner le drone de son usage initial pour le charger d’une nouvelle mission capitale : sauver des vies !

Falcon 8+
Falcon 8+

L’alarme sonne dans la caserne, un feu est déclaré et des vies sont en jeu. Les camions de pompiers se mettent en route et le chef de bataillon donne l’ordre de libérer un drone près de l’incident alors que le camion met du temps à arriver à cause d’un trafic dense. Le drone est envoyé et scanne l’ensemble de la zone incendiée : des cartes de chaleur en 3D, les points chauds dangereux ainsi que les matières inflammables… Une fois le camion arrivé sur les lieux, celui-ci aura accès immédiatement à toutes les données nécessaires à l’intervention et pourra s’organiser en quelques secondes !

Dans ces circonstances, le temps est un facteur très important pour sauver des vies et minimiser les dégâts.

 

 

Ici, les pompiers utilisent le Falcon 8+ conçu pour les conditions difficiles : vents violents, poussière, températures extrêmes… Mais ils ne sont pas les seuls à avoir choisi le Falcon 8+ pour les assister dans leurs missions.

En partenariat avec Intel, l’association Parley for the oceans a choisi ce drone pour aider à la surveillance des baleines.

La première donnée d’analyse des scientifiques ? Le mucus que les baleines soufflent quand elles sont à la surface de l’eau. Une denrée riche en informations biologiques, telle que l’ADN, le stress et les hormones de grossesses, les virus, les toxines…

La robustesse du Falcon 8+ permet de collecter ce mucus en se positionnant au-dessus de la baleine lorsqu’elle sort des profondeurs. L’information est stockée dans un réceptacle installé sur le bras du drone et prête à être analysée.

Par la suite, le drone sera doté d’une caméra capable de reconnaissance faciale. Il pourra ainsi reconnaître les animaux qu’il surveille pour mieux suivre les migrations des baleines et l’évolution de leur santé au fil du temps !

 

Sauvetage en mer avec Helper, le drone des plages

En moyenne 3 minutes plus rapide qu’un maître-nageur et 5 minutes qu’un jet-ski, ce drone français aux allures d’araignée survole les vagues et permet de porter secours aux personnes en danger de noyade.

Sauvetage en mer avec le drone Helper
Sauvetage en mer avec le drone Helper
AFP PHOTO / GEORGES GOBET

Afin d’aider les victimes prises au piège par la mer, Helper se positionne au-dessus d’elles et délivre une bouée auto-gonflable. Le système permet de communiquer avec le naufragé à distance dans l’optique de le détendre et de récolter des informations sur son état le temps que les secours arrivent.

 

 

Petit condensé de technologie, Helper assiste l’opération de sauvetage même en cas de vent violent (supérieur à 50km/h), démontrant ainsi la grande stabilité de l’appareil malgré son poids plume de 4 kg.

Grâce à sa vidéo de haute qualité, il permet un repérage et une analyse de l’état de la personne en danger. Enfin, Helper peut tenir de 15 à 25 minutes dans les airs, aidant ainsi les sauveteurs durant la totalité de l’intervention.

Helper commence à arriver sur nos plages de France, notamment avec un premier essai réussi cet été dans les Landes à Biscarrosse. A ce rythme, la machine aux couleurs pétantes risque de s’inscrire définitivement dans le paysage des prochaines vacances estivales.

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