Aux limites de l’innovation

Santé : une application par jour peut-elle éloigner le médecin ?

En plus d’être amusantes et pratiques, les applis actuelles peuvent améliorer notre quotidien.

Les logiciels jouent un rôle croissant dans le traitement d’une grande variété de maladies physiques et mentales. Aujourd’hui, les patients ont souvent leur smartphones avec eux. Une appli ou un jeu représente un moyen simple de surveiller et d’améliorer sa santé.

L’aspect pratique de ces outils peut aider les patients à faire le premier pas. L’appli Breindebaas (ControlTheBrain), actuellement en cours de développement, en est un bon exemple.

« Un lavage de cerveau en ligne avec un objectif positif »

Alcoolisme
Des chercheurs des universités de Twente et Amsterdam souhaitent utiliser Breindebaas pour aider les personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool. L’utilisateur doit éloigner les boissons alcoolisées et attirer les boissons sans alcool vers lui.

Même si ce concept peut sembler simpliste, les chercheurs Elske ter Veld Salemink et Marloes Postel affirment que l’appli permet de se détacher de certains schémas de pensée et réactions inconscientes. Marloes Postel désigne cette approche sous le terme de « lavage de cerveau en ligne avec un objectif positif ».

Des thérapeutes appliquent des méthodes similaires, mais avec un traitement souvent axé sur les schémas de pensée consciente. « Pour les personnes dépendantes qui ne se sentent pas prêtes à consulter », déclare M. Posten, « l’appli offre une alternative simple et accessible en désactivant ces comportements de façon inconsciente ». L’appli sera bientôt prête à l’emploi.

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Le jeu Wind Tales a été conçu pour aider les jeunes atteints de problèmes respiratoires.

Maladies chroniques
Les applis et jeux peuvent rendre les traitements physiques plus agréables. Le jeu iOS néerlandais Wind Tales (photo ci-dessus) en est un bon exemple. Ce jeu a été conçu pour aider les jeunes atteints de problèmes respiratoires, qui doivent effectuer chaque jour de longs exercices pénibles en soufflant dans un appareil appelé spiromètre.

Pour jouer, ils doivent connecter le spiromètre à un iPhone ou iPad. En soufflant dans l’appareil connecté, le joueur peut faire sauter le personnage ou lui faire tirer une fusée afin d’éviter différents types d’obstacles.

« Nous associons quelque chose que [les patients] trouvent agréables à quelque chose qu’ils trouvent ennuyeux », explique le développeur Niel Vredeveldt. « L’objectif consiste à les faire se concentrer sur le jeu pour ne plus penser aux aspects désagréables de l’appareil. » Niel est papa de Fleur, petite fille de trois ans souffrant de problèmes pulmonaires dus à un trouble neurologique.

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Wind Tales fonctionne avec un spiromètre, appareil qui mesure le volume d’air expulsé par les poumons.

Le jeu fournit également de précieuses informations aux médecins, qui voient les résultats du joueur sur un tableau de bord. Les valeurs du spiromètre indiquent si la fonction pulmonaire d’un patient s’améliore (ces mesures pouvant être réalisées sur une certaine période). Un médecin peut par exemple déterminer plus rapidement si le traitement doit être modifié.

Le jeu s’adresse aux enfants atteints de fibrose kystique, mais il convient également aux patients souffrant d’asthme et de MPOC. Le Radboud University Medical Center teste déjà Wind Tales. Après le lancement initial aux Pays-Bas plus tard cette année, Niel Vredeveldt souhaite commercialiser le jeu sur le marché mondial.

Œil paresseux
Certains jeux ont également été développés pour soigner des problèmes oculaires. En mars, Ubisoft annonçait la sortie de Dig Rush, un jeu qui fonctionne avec des lunettes stéréoscopiques.

Dans ce jeu, une taupe doit creuser pour trouver des métaux précieux. On y trouve des personnages bleu et rouge de différents contrastes. Dig Rush, développé en collaboration avec la McGill University et la startup Amblyotech, permet de travailler la coordination des yeux.

Il est déjà en cours de test dans 11 études cliniques internationales.

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Dig Rush, développé en collaboration avec la McGill University et la startup Amblyotech, permet de travailler la coordination des yeux.

 

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Dans ce jeu, une taupe doit creuser pour trouver des métaux précieux. On y trouve des personnages bleu et rouge de différents contrastes.

Le traitement devrait être plus efficace si les patients jouent au lieu de porter les caches actuellement utilisés. Ces caches sont placés sur l’œil le plus fort pour renforcer les muscles de l’œil paresseux, mais cette méthode ne parvient pas à améliorer suffisamment la coordination des yeux.

Jouer à un jeu est également moins problématique que d’avoir à sortir ou aller à l’école avec un cache sur l’œil. Quand Dig Rush aura reçu l’approbation des autorités américaines, les développeurs souhaitent qu’il soit disponible dans le monde entier sur prescription.

Acouphènes
Enfin, les logiciels peuvent accompagner le traitement des acouphènes. La startup allemande Tinnitracks utilise la musique fournie par l’utilisateur pour faciliter son traitement. Le logiciel Tinnitracks filtre les fréquences aigues de la musique, permettant au cerveau de s’habituer différemment à ces fréquences. Comme le logiciel utilise la musique que le patient apprécie, le cerveau libère de la dopamine, qui améliore l’apprentissage , augmentant ainsi l’efficacité du traitement.

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Tinnitracks utilise actuellement un logiciel pour créer des fichiers MP3 que l’utilisateur doit ensuite transférer sur d’autres appareils, mais une appli mobile devrait être bientôt disponible. Les concepteurs affirment que les symptômes sont nettement réduits au bout de six mois d’écoute pendant une heure et demie par jour.

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