Qu’est-ce que le Bitcoin, la cryptomonnaie qui affole le Web ?

Avec une valeur qui crève les plafonds et qui affole Internet, le Bitcoin semble intéressant pour investir de l’argent. Pourtant, il est également très critiqué et il est même considéré comme dangereux par bien des analystes. Alors, le Bitcoin, qu’est-ce donc ?

 

Le Bitcoin est l’une des premières cryptomonnaies d’Internet. Née en 2008 de l’imagination d’un ingénieur, ou d’un groupe d’ingénieurs se faisant appeler Satoshi Nakamoto, cette monnaie 100% virtuelle s’obtient en « minant », c’est-à-dire en résolvant des calculs de plus en plus compliqués avec son ordinateur. Les calculs en question participent à faire fonctionner l’écosystème très complexe des échanges du Bitcoin, qui ont lieu dans une blockchain, sorte de base de données totalement délocalisée : elle est à la fois nulle part, et un peu chez tous les « mineurs ».

Pour récompenser les participants au minage, à chaque bloc de calcul résolu, une quantité de bitcoins leur est réservée, divisée entre eux. Plus le temps passe, plus les calculs sont longs et les participants nombreux, et plus le gain est réduit. Et comme pour « miner » il faut un ordinateur très puissant – la procédure utilise, notamment, la puissance des cartes graphiques – c’est donc de plus en plus difficile et de moins en moins rentable d’espérer obtenir des bitcoins par ce biais.

 

L’achat de bitcoins, le cœur de la spéculation

Mais si l’on ne veut pas « miner » des bitcoins, on peut en acheter en ligne, via des plateformes dédiées. Il y a une dizaine d’années lors de la création de cette cryptomonnaie, un bitcoin ne valait, grand maximum, que quelques centimes. Récemment, le Bitcoin a atteint la valeur de 20 000 dollars : imaginez un peu si des personnes ayant commencé à les conserver il y a 10 ans les ont encore aujourd’hui : ils ont l’opportunité de devenir millionnaires, voire milliardaires en les revendant ! Mais attention : le Bitcoin n’est pas défiscalisé. Il faut le déclarer pour être imposé sur ses gains.

Initialement, le Bitcoin était surtout utilisé pour réaliser des transactions intraçables, ce qui en a fait un moyen de paiement de choix pour des pratiques illégales sur Internet, en particulier sur le Deep Web. C’est d’ailleurs grâce à ces pratiques que, doucement mais surement, le Bitcoin a commencé à voir sa valeur augmenter. En mars 2013, il se situait aux environs de 50 dollars. Les médias ont commencé à s’intéresser à ce phénomène, et de nombreux articles ont commencé à le décortiquer.

Tandis qu’une partie des technophiles ont investi de l’argent dans du matériel de minage, d’autres ont directement acheté des bitcoins en attendant que la valeur monte encore. Un peu comme en bourse, le Bitcoin est devenu une monnaie de spéculation.

 

Une démocratisation dangereuse ?

En mai 2017, le Bitcoin a dépassé pour la première fois la barre des 2000 dollars. Un phénomène lié à la démocratisation de son utilisation, notamment au Japon, où la cryptomonnaie est reconnue comme moyen légal de paiement depuis avril dernier. De plus en plus médiatisée, elle attire de plus en plus de curieux qui décident d’en acheter un peu : une décision qui peut être facilitée par le fait qu’on peut très bien n’acheter que pour une petite somme de BTC. On obtient ainsi une fraction de bitcoin, mais cela peut, tout de même, prendre de la valeur avec le temps.

Plus de gens se sont donc mis à acheter des bitcoins sur les plateformes de vente. Mais le nombre de bitcoins en circulation n’est pas infini : comme nous l’avons expliqué, les unités sont générées par des calculs dans la blockchain, et plus le temps passe, plus il est difficile d’en obtenir. Au final, il ne pourra pas y avoir plus de 21 millions de BTC en circulation. Forcément, la loi de l’offre et de la demande a entraîné une incroyable hausse de la valeur du Bitcoin ces derniers mois. Et forcément, qui dit hausse massive dit, fatalement, descente vertigineuse quand les gens revendent massivement pour récupérer de l’argent. Comme le cours d’une action en bourse, le cours du Bitcoin varie, mais de manière beaucoup plus intense…et sans qu’aucun organisme de contrôle puisse surveiller tout cela avec précision.

 

L’avenir de l’argent passera-t-il par le dématérialisé ?

Concernant l’avenir du Bitcoin et des cryptomonnaies en général (car il en existe aujourd’hui des dizaines), les avis sont partagés. Certains considèrent qu’il y a un intérêt à utiliser des monnaies dématérialisées qui n’obéissent pas aux lois du marché international. De plus, l’absence de traçabilité rend les transactions anonymes, et pour beaucoup, c’est aussi un plus. Enfin, cela peut être un moyen de s’enrichir rapidement de quelques centaines ou milliers d’euros, en fonction de la somme que l’on est prêt à investir au départ.

Mais, pour d’autre, le Bitcoin est une bulle qui pourrait faire de très gros dégâts si elle venait à éclater. En raison de son aspect très volatile, la cryptomonnaie peut aussi bien faire gagner de l’argent à ses investisseurs que leur faire tout perdre. De fait, les analystes financiers déconseillent très fortement aux particuliers de placer toutes leurs économies dans un portefeuille de bitcoins : attirés par l’appât d’un gain potentiellement facile, ils pourraient tout perdre en cas de dégringolade du cours. Et il serait difficile de savoir quand et si une remontée aurait lieu…

Il n’y a donc pas de consensus : la vraie question est de savoir si la « mode » du Bitcoin va continuer. Néanmoins, sa valeur forte aujourd’hui a de quoi dissuader d’investir les particuliers. Sachez cependant qu’il existe de nombreuses autres cryptomonnaies dont certaines sont prometteuses, et qui sont plus accessibles que le Bitcoin d’un point de vue financier. Certaines reposent, pas ailleurs, sur des usages plus encadrés, et même si leur cours évolue beaucoup plus lentement, la démarche est davantage sécurisée et balisée.

 

Audrey Oeillet

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