Aux limites de l’innovation

Quand l’impression 3D se met au service de la santé

L’impression 3D est désormais partout, y compris dans le secteur de la santé. Si vous vous demandez comment c’est possible, la réponse est assez simple : une imprimante 3D n’utilise pas seulement du plastique… les possibilités sont surprenantes, et presque infinies. Voici quelques exemples !

 

Il y a encore quelques années, imaginer voir des organes viables sortir d’une imprimante était de la science-fiction. Mais c’était sans compter sur les chercheurs d’une société basée en Gironde, Poietis. L’entreprise a développé un système de bio-impression 3D, capable d’imprimer des tissus vivants grâce à une technologie laser. Bienvenue dans le futur !

 

C’est certes un exemple un peu extrême des possibilités de l’impression 3D, mais cela donne une idée des possibilités de ce genre de technologie. Si le travail de Poietis en est encore au stade de l’expérimentation médicale, d’autres applications au domaine de la santé ont été plus concrètes ces dernières années. En 2014, une patiente atteinte d’une maladie très rare entraînant un épaississement de sa boîte crânienne a eu la moitié supérieure de son crâne remplacé par un modèle imprimé en 3D. Une prothèse réalisée très précisément, pour correspondre à la partie enlevée. Ainsi équipée, la patiente a pu reprendre une vie normale, alors que sa maladie mettait son cerveau en grand danger.

 

Des prothèses plus précises grâce à l’impression 3D

Le cas de cette prothèse de crâne est spectaculaire, mais il souligne qu’il y a déjà 3 ans, c’était une réalité. Aujourd’hui, on ne compte plus les cas de prothèses personnalisées, destinées à des personnes qui étaient en grande souffrance. Toujours en 2014, c’est le bassin d’un patient, atteint d’une rare forme de cancer, qui a été numérisé pour être ensuite imprimé en 3D. C’est le consultant orthopédiste britannique Craig Gerrand, travaillant à Newcastle, qui a eu l’idée de soigner un patient qui souffrait énormément en remplaçant plus de la moitié de son bassin par une reproduction à base de titane. « Les implants standards faits à la main ne correspondent pas toujours bien… Sans reconstruction, la jambe du patient aurait été comme suspendue, non attachée à la colonne vertébrale, et plus courte que l’autre » avait expliqué Craig Gerrand. L’opération avait duré 12 heures, et a permis au patient de remarcher, quelques années plus tard.

Parfois, la prothèse peut n’être qu’esthétique, mais cela ne signifie pas qu’elle ne peut pas sauver une vie. La preuve avec l’histoire de Shirley Anderson, un Américain dont le cancer de la langue a totalement ravagé la mâchoire inférieur. Défiguré, il ne pouvait sortir de chez lui qu’avec un masque sur le visage. Mais c’était sans compter sur la détermination d’une équipe de chercheurs de l’université de l’Indiana, qui a mis au point un système de prothèse maxillofacial parfaitement adapté au visage du patient. La tête de Shirley Anderson a été scannée et numérisée, puis sa prothèse a été conçue précisément en fonction de sa morphologie, et imprimée à la couleur de sa peau. La vidéo ci-dessous montre le changement spectaculaire opéré sur cet homme, dont la vie a changé depuis.

 

 

Des médicaments imprimés en 3D

L’impression 3D est donc salvatrice dans le domaine de la santé, en grande partie en raison de sa précision. Et ce constat ne s’applique pas uniquement dans le domaine des prothèses ou des organes : il est également présent dans celui des médicaments. L’idée est, ici, d’imprimer des comprimés à l’aide d’une imprimante, en proposant un dosage extrêmement précis, adapté au patient. De nombreuses maladies, souvent graves, nécessitent un traitement personnalisé. Au lieu de proposer des solutions à dosage manuel, comme des gouttes par exemple, certains labos travaillent sur des comprimés personnalisés.

C’est le cas de la société Aprecia Pharmaceutical qui, dès 2015, a obtenu l’autorisation de commercialiser le Spritam aux USA. Ce traitement contre l’épilepsie est non seulement personnalisé pour chaque patient, mais présente l’avantage de se dissoudre très rapidement dans la bouche, ce qui peut être déterminant en cas de crise.

 

 

Aujourd’hui, les médicaments imprimés en 3D autorisés se font encore très rares. Mais les chercheurs et professionnels de la santé espèrent que cela changera. Dans le futur, on peut imaginer que les pharmaciens pourront imprimer des médicaments personnalisés en 3D directement dans leurs officines.

 

Un avenir optimiste

Réservée à l’élite il y a quelques années, l’impression 3D s’est largement démocratisée en l’espace de 5 ans. Si, aujourd’hui, chaque événement médical qui l’implique fait l’objet d’une couverture médiatique, il y a fort à parier que dans les prochaines années, son usage deviendra aussi courant que d’autres méthodes traditionnelles. Imprimer des valves aortiques, de la peau, des os synthétiques et des médicaments ne sera alors qu’une formalité, pour le plus grand bonheur des patients, mais également des chercheurs et des médecins. Le futur de l’impression 3D dans le domaine médical s’annonce presque illimité !

 

Audrey Oeillet

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