Peau artificielle pour robots de plus en plus humains !

Petit-à-petit, les robots deviennent de plus en plus intelligents, et lorsqu’ils sont humanoïdes, ils imitent de plus en plus l’apparence humaine. Il leur manque cependant encore de nombreux éléments, notamment en matière d’apprentissage, mais le MIT travaille sur une peau artificielle qui pourrait leur apporter beaucoup.

 

Dans le monde des robots, l’apprentissage de l’intelligence artificielle est un élément moteur des recherches scientifiques : si une machine est capable d’apprendre d’expériences similaires à celles vécues par l’homme, alors elle peut devenir plus intelligente et savoir quoi faire dans des situations spécifiques.

Mais comment faire ressentir des choses à un robot qui, par définition, est constitué de technologies qui le mettent à l’épreuve de bien des situations ? La solution : le rendre un peu plus sensible à son environnement. C’est dans cette optique que le MIT Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory (CSAIL) a mis au point une peau artificielle, destinée à recouvrir le corps des robots intelligents.

 

Des sensations bien humaines

L’objectif de l’expérience : permettre aux robots d’avoir les mêmes sensations qu’un humain qui est touché, effleuré, ou encore brûlé, gelé…  Car la peau est le plus grand organe du corps humain, et un véritable concentré de capteurs nerveux qui permettent de ressentir de multiples sensations, qui en disent long sur l’environnement.

En ressentant ce genre de choses, le robot pourrait donc expérimenter le monde qui l’entoure comme un être humain, apprendre de son environnement, et donc faire évoluer son intelligence artificielle. L’autre avantage se trouve dans la maintenance du robot, puisque des soucis peuvent être identifiés par ce biais. Une démarche qui s’avère cohérente, en particulier quand on sait que d’autres scientifiques, basés à l’université de Leibniz Hanovre cette fois, travaillent depuis 2016 sur l’apprentissage de la douleur chez les robots.

 

Comment ça marche ?

Les recherches du CSAIL ne sont pas très éloignées de celles qui cherchent à construire des prothèses de membres permettant à des personnes amputées de retrouver la sensation du toucher. La peau artificielle à destination des robots est imprimée en 3D, ce qui permet d’inclure à l’intérieur des « voies sensori-motrices », qui reproduisent les interconnexions de capteurs naturels que l’on trouve dans notre environnement. Les scientifiques se sont inspirés de la casside dorée, un tout petit insecte, dont la peau change de couleur lorsqu’elle prend un coup. Une mécanique naturelle simple, aisée à reproduire mécaniquement pour les chercheurs.

De cette réflexion est née un tout petit dispositif en forme de T, en plastique et monté sur une bande en argent, sur lequel est imprimé deux transistors et un semi-conducteur dont la couleur change si la bande en argent est étirée.

Les premiers essais s’avèrent encourageant quant à la façon dont les robots répondent aux stimuli. Désormais, les scientifiques veulent améliorer leur prototype, et notamment sa durée de vie, actuellement limitée à seulement deux mois. « C’est une première démonstration, nous allons l’optimiser au fil du temps » a ainsi déclaré Subramanian Sundaram, qui a dirigé le projet.

 

Audrey Oeillet

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