MWC 2018 : les villes se transforment en Smart Cities

Les smart cities ne sont plus des utopies même si elles restent très expérimentales. Au MWC, cette année, les exposants ont démontré que la ville de demain serait communicante afin d’être mieux gérée.

 

« Smart Cities » … voilà un thème qui revenait bien souvent dans les allées du MWC, porté par l’arrivée de plus en plus proche de la 5G et des technologies associées. « Aujourd’hui, les technologies ne freinent plus l’avènement des smart cities qui rentrent ainsi dans leur troisième étape de développement », nous explique Laurent Bouillot, Président de Siradel, filiale d’Engie spécialisée dans la modélisation 3D et la fourniture de solutions urbaines innovantes. « Dans un premier temps, il y a une dizaine d’années, on pensait qu’il suffisait d’installer des capteurs et des serveurs partout pour créer une ville intelligente. Puis on a pris conscience de l’importance de la gouvernance de la ville et de la cohérence des transformations urbaines. En 2018, on a compris qu’il fallait les outils, les méthodes, les référentiels d’information en allant vers le développement durable et l’attractivité. La 5G va permettre différents scénarios de connectivité de la ville, on n’est plus dépendant des infrastructures et c’est aujourd’hui l’usage qui va pouvoir piloter les technologies ».

 

City Beacon, un écosystème complet pour l’information et la gestion de la ville

Sur le stand d’Intel, les prémices de la ville de demain étaient réunies dans un panneau d’affichage nouvelle génération. Celui-ci, développé par City Beacon, est déjà en service à Eindheven et sera déployé à Jakarta cet été.

Sur le stand Intel, voici le logiciel qui traite les différentes données récupérées et transmises par City Beacon

Plus qu’un panneau d’information, City Beacon est un écosystème complet qui permet à la fois de diffuser des informations et des publicités sur son écran supérieur, de renseigner les citoyens à travers un écran tactile relié à des applications locales, de permettre un éclairage intelligent en fonction de la luminosité, de proposer un hotspot Wifi… Mais le système est également doté d’une caméra pour assurer la sécurité ainsi que de nombreux capteurs : qualité de l’air, puissance des UV, niveaux sonores… Toutes les données sont analysées sur place, grâce à des serveurs Intel, afin d’éviter les délais de latence, mais également mises à la disposition de la ville pour une gestion globale. La ville connectée communique ainsi en continu afin de permettre un trafic plus fluide avec moins d’embouteillages, plus d’informations, et des services d’urgence améliorés.

Affichage interactif du City Beacon

Nokia veut rendre la ville plus sûre

La smart city était également en démonstration sur le stand de Nokia avec le Integrated Operations Center for Smart, Save & Sustainables City, lancé le 20 février. Nokia avait organisé sa démonstration autour d’un cas très concret : une femme, seule, le soir, dans un parc, a l’impression d’être suivie. Il lui suffit d’appuyer sur le bouton d’urgence d’un poteau pour déclencher toute une série d’actions : une forte lumière éclaire les alentours, la caméra de surveillance se met en route et prend automatiquement une photo de tous les individus présents, les photos sont envoyées au centre de traitement pour une reconnaissance tandis que la police, prévenue en temps réel se rend sur les lieux. « Jusqu’à présent, toutes ces actions étaient traitées séparément, avec de nombreux opérateurs, ce qui freinait l’efficacité des secours », nous explique un des responsables du projet. « Grâce à l’avancée des technologies de communication, il n’y a plus de latence et les villes vont devenir de plus en plus sûres ».

Image de la ville connectée et des infrastructures nécessaires selon Nokia

Laissez passer les ambulances

Juste à côté, une autre démonstration montrait l’impact des technologies de communication sur la gestion des villes. Rappelant que chaque année, aux Etats-Unis, plus de 590 morts et près de 29 000 blessés sont le résultat d’accidents d’ambulances entre 1990 et 2009, un projet du Nokia Bell Labs permet de gérer le réseau des feux de circulation pour permettre le passage fluide des ambulances. Des caméras analysent le trafic routier, la localisation du sinistre, la vitesse de l’ambulance pour établir l’itinéraire le plus rapide et le plus sûr tout en accordant un passage prioritaire au véhicule de secours.

 

Huawei a contribué à une douzaine de projets

Enfin, notons que Huawei a reçu le prix GSMA de la « Meilleure innovation mobile pour villes intelligentes », pour sa contribution à une douzaine de projets de villes intelligentes : compteurs d’eau et de gaz, stationnement sur la voie publique, éclairage, partage de vélos, détection de fumée, gestion des bouches d’incendie, environnement, ramassage d’ordures et gestion des boîtes aux lettres, les projets dont Huawei est partenaire sont nombreux. La ville de Yingtan, dans la province chinoise de Jiangxi, a par exemple mis en œuvre un meilleur éclairage des rues le soir, une meilleure prévention des incendies dans les lieux publics et une réduction du gaspillage d’eau.

 

Nathalie Bloch-Sitbon

Partager cet article

Read Full Story