Game On!

Le tamagotchi, une révolution technologique qui a 20 ans

A l’occasion de son vingtième anniversaire, le tamagotchi fait son retour dans les magasins, dans une édition limitée. Mais connaissez-vous vraiment l’histoire de ce jouet révolutionnaire ?

 

En 1997 en France, les cours de récré voyaient déferler dans les mains des élèves de petits œufs en plastique renfermant de l’électronique. Sur un petit écran à cristaux liquides s’agitait une petite bestiole virtuelle qu’il fallait nourrir et soigner pour la maintenir en vie. Création japonaise, le Tamagotchi posait alors les bases de la simulation de vie virtuelle, bien avant l’avènement des Sims (2000), Nintendogs (2005) et autres Furby (1998).

Le Tamagotchi a clairement ouvert la marche vers d’autres créatures virtuelles et numériques. Ce n’est pas un hasard s’il est né au Japon, pays où une bonne partie des habitants vivent dans des logements trop petits pour avoir un animal de compagnie. Pour beaucoup, le Tamagotchi est devenu un animal virtuel de substitution : le « dorloter » permettait de le garder en vie de nombreux mois, voire année. Leurs propriétaires leur donnaient des noms, organisaient des rencontres et ne partaient jamais sans leur Tamagotchi dans leur poche.

Un divertissement minuscule

En 1997 (1996 au Japon) les téléphones portables n’en n’étaient qu’à leurs débuts, et étaient réservés aux professionnels en raison de prix très élevés. Difficile d’imaginer que, 20 ans après, on aurait tous des smartphones 10 000 fois plus puissants qu’un Nokia 6110 tout juste capable de faire tourner le jeu Snake !

Avec son écran de 1,44 pouce, le Tamagotchi était, à l’époque, le plus petit support de divertissement disponible. L’alternative était la Game Boy, plus grande, plus chère, et grande consommatrice de piles ! Avec un Tamagotchi, on pouvait jouer des mois, voire des années sans avoir à toucher à la pile bouton à l’intérieur. Une révolution pour tout le monde, mais qui n’a cependant pas été au goût de certain : en raison de sa petite taille, le Tamagotchi passait inaperçu dans les écoles, et les élèves ont rapidement pris la mauvaise habitude de s’occuper de leur créature virtuelle en classe. Beaucoup d’établissements ont, à l’époque, menée une véritable chasse aux Tamagotchi !

Un jouet qui a su évoluer avec les années

Comme tous les phénomènes, la mode du Tamagotchi s’est atténuée au fil du temps. Mais le gadget n’a jamais totalement disparu. Mieux : il a su évoluer avec les nouvelles technologies. En 2004, Bandai sort une nouvelle version avec un système de connexion intégré. Il devient possible de connecter deux Tamagotchis ensemble, pour que les créatures puissent s’amuser entre elles. Pas besoin d’Internet : tout se fait en infrarouge ! Et l’innovation monte encore d’un cran lorsqu’il devient possible de faire s’accoupler deux créatures, dans le but d’en créer de nouvelles à élever. L’élevage virtuel est né.

Pour le 15e anniversaire du Tamagotchi, en 2011, ce dernier s’offre une édition avec écran couleur, connexion infrarouge et le choix entre 32 créatures à élever. Certes, depuis son lancement, le jouet s’est fait doubler par les simulations de vie sur consoles, PC et sur les premiers smartphones. Mais il n’en reste pas moins que le Tamagotchi a toujours quelques arguments pour lui, comme son autonomie à rallonge, et l’addiction furieuse qu’il procure. Et c’est sans doute là la plus grande réussite du petit gadget électronique de Bandai.

20 ans de nostalgie

Pour les 20 ans du gadget, Bandai ressort cet automne une nouvelle version en France. Pour l’occasion, retour aux fondamentaux : écran en noir et blanc et gros pixels. Pas de nouveauté à l’horizon. Pire : le jeu en lui-même a été simplifié, et la créature a besoin de moins de soin qu’avant ! La raison ? Elle est expliquée par Bandai, et elle est finalement assez évidente : le Tamagotchi de 2017 vise moins les enfants, aujourd’hui familier des smartphones derniers cris, que les adultes nostalgiques. Or, les trentenaires qui jouaient avec leur Tamagotchi dans la cour de récré ont aujourd’hui moins de temps à consacrer à cette activité. « Nous nous sommes dit que si nous ajoutions trop de profondeur de jeu, ce serait un peu difficile pour les gens de travailler et de s’occuper du Tamagotchi en même temps » a ainsi expliqué une représentante de Bandai au site américain The Verge.

Peut-être faut-il bouder le Tamagotchi 2017, pour éviter d’être trop déçu. Mais on peut aussi se demander si un Tamagotchi mis au goût des technologies d’aujourd’hui ne perdrait pas le charme naïf du jouet de notre enfance, celui qui a finalement fait entrer un concentré de technologie dans la poche de bien des enfants de la fin des années 90. Alors, et si on lâchait un peu notre smartphone surpuissant pour partir à la recherche de notre Tamagotchi dans notre coffre à jouets ? Qui sait, peut-être qu’il nous attend encore, au fond de son petit œuf en plastique…

 

Audrey Oeillet

Partager cet article

Read Full Story