Le robot, meilleur allié du chirurgien ?

La mise en place de robots dans les hôpitaux, et notamment en service de chirurgie, se fait de plus en plus croissante. Nouvel assistant du chirurgien, le robot semble être un allié de choix pour les opérations, mais qu’en est-il vraiment ?

 

Des patients plus vite sur pieds

En 2011, 39 hôpitaux français possédaient un robot chirurgical pour l’ablation de la prostate. Quelques années plus tard, ce chiffre à plus que doublé. Armé de ses quatre bras, le robot utilise trois de ses membres pour opérer le patient, et le quatrième est doté d’une caméra endoscopique. « On manipule des instruments dont la finesse nous permet d’avoir des gestes plus précis », explique le Dr Eric Barret, chirurgien urologue qui pratique cinq opérations par semaine avec le robot. « On utilise simplement des petites incisons, donc avec un traumatisme de la paroi abdominale qui va être moindre. Pour le patient, on a une récupération qui va être derrière plus rapide. Ce qui nous permet de faire sortir les gens un ou deux jours après leur chirurgie dans des conditions tout à fait acceptables. »

 

Un investissement coûteux pour pas grand-chose ?

Sur le plan technique, le robot chirurgien est donc un outil remarquable pour effectuer des opérations. Mais en vaut-il vraiment ses 1,5 millions d’euros ? C’est la question que se pose la Haute Autorité de santé (HAS), qui souligne le manque d’études fiables sur l’efficacité du robot. Afin de financer ces recherches, la HAS s’est montrée en faveur du remboursement de la chirurgie pratiquée par le robot.

« Alors que la chirurgie par robot assistée existe depuis quinze ans, il y avait très peu d’études réalisées. Ces études étaient essentiellement sous la dépendance de l’industrie qui fabrique le robot en situation de monopole. Elle n’avait pas du tout intérêt à faire des études comparatives. Avec le remboursement, on pense avoir les moyens de pousser à faire ces études », explique le Pr Jacques Belghiti, en charge du dossier à la HAS.

 

Un marché à conquérir

Il faut en effet savoir qu’à ce jour, la société Da Vinci qui produit et vend ses robots est en position de monopole sur le marché. Avec un tarif allant jusqu’à 1,5 millions d’euros pour un robot, certains praticiens pourraient être tentés de proposer cette opération sans réelle justification. L’idée est donc d’amener d’autres entreprises sur le marché et de proposer une concurrence des prix. C’est ainsi que l’on voit arriver des sociétés comme Verb Surgical soutenue par Alphabet (Google), Medtronic Inc, qui prévoit de lancer son robot à la mi-2018, mais également une entreprise française MedTech, spécialisé dans la chirurgie du cerveau et de la colonne vertébrale.

http://dai.ly/x5b47dq

Appelé Rosa, le robot chirurgien a été conçu en 2009 pour accompagner les neurochirurgiens sur des opérations du cerveau. Aujourd’hui, il participe également à des interventions de stabilisation de la colonne vertébrale.

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