Réalité virtuelle

Le CNRS reconstitue le buste d’Akhénaton avec HoloLens

Le buste d’Akhénaton, l’un des plus beaux trésors de l’Egypte antique, a traversé les millénaires non sans mal pour nous parvenir. Grâce à la technologie des lunettes holographiques HoloLens, le CNRS a pu lui rendre son aspect d’antan.

 

Vers une avancée archéologique

Ne vous êtes-vous jamais demander pourquoi toutes ces statues de marbres n’avaient ni couleur ni de peinture ? Eh bien, le fait est qu’elles en avaient à l’origine, mais les aléas du temps ont effacé peu à peu les ajustements chromatiques pour n’y laisser que la matière pure.

Le CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique) et le studio bordelais Asobo ont concilié leurs efforts pour rendre au buste d’Akhénaton sa forme et ses couleurs grâce à Holoforge Interactive, la filiale d’Asobo dédiée aux grandes entreprises. En faisant usage du casque holographique HoloLens, les chercheurs ont pu superposer des hologrammes afin de recréer la peinture, les volumes et les décorations qui ornaient le buste quand il a été sculpté. Le travail d’HoloForge Interactive a été dévoilé dans le cadre du colloque « Restituer les couleurs : Le rôle de la restitution dans les recherches sur la polychromie en sculpture, architecture et peinture murale », qui abordait notamment la question de l’apport que pouvait avoir l’outil numérique dans un usage archéologique.

 

 

Aider les visiteurs à visualiser les oeuvres

Rendre l’aspect original à des œuvres ou des édifices présente un intérêt majeur tant du point de vue de la recherche qu’en termes de valorisation auprès du public. Les casques HoloLens offrent une nouvelle façon de visiter un musée, et un nouveau regard sur les objets exposés. « Les chercheurs et conservateurs transmettent l’Histoire grâce aux objets dont elle nous a fait cadeau, ils pourront maintenant le faire de manière encore plus précise. Le spectateur continue à voir l’œuvre telle qu’elle nous est parvenue à travers le temps et les informations holographiques qui la complètent permettront de mieux la comprendre. » déclare Olivier Goguel, directeur d’HoloForge Interactive. Les musées et établissements archéologiques pourraient donc proposer une expérience inédite et renouveler l’intérêt du public.

 

Vers une systématisation de la pratique ?

Pour le moment, la prouesse menée par HoloForge et Asobo studio se concentre uniquement sur le buste d’Akhénaton. Mais le concept peut amener d’autres studios à se lancer dans le développement de logiciels permettant de redonner vie aux objets et ruines antiques. Imaginons un instant pouvoir contempler de nos yeux l’architecture originelle du Colisée de Rome ou bien le colosse de Rhodes !

Si les possibilités sont multiples, les moyens eux restent aujourd’hui modestes. Dans l’éventualité où cette initiative sur le buste d’Akhénaton s’avèrerait concluante, elle pourrait entraîner d’autres projets du même acabit. Pour l’heure, le CNRS se réjouit : « Que ce soit pour la manipulation, la consultation ou la valorisation des données de recherche, nous sommes convaincus que ces outils vont révolutionner les usages et nous sommes heureux d’écrire quelques pages de cette aventure avec HoloForge. » confie Loïc Espinasse, Ingénieur à Archeotransfert, le département transfert et valorisation d’Archeovision.

 

Visuel buste gris

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