Aux limites de l’innovation

Jeunesse éternelle : des chercheurs découvrent des gènes qui influencent la longévité

Les gènes influencent-ils notre longévité ? Si oui, lesquels ? Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich en Suisse et le consortium de recherche « JenAge » (basé à Iéna en Allemagne) se sont posés ces questions dans le cadre d’une étude commune. Les scientifiques ont identifié 30 gènes qui ont un impact important sur le processus de vieillissement en étudiant environ 40 000 gènes de la souris, du poisson zèbre et du ver rond C. elegans. Afin de découvrir les gènes qui ont une influence sur le processus de vieillissement des trois espèces, ils ont mesuré la quantité d’acide ribonucléique messager (ARNm) dans les cellules des animaux. Le nombre de transcriptions d’ARN simple brin peut indiquer si un gène est particulièrement actif.

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Au cours des stades de la vie d’un organisme, le niveau d’activité des gènes change ; en termes scientifiques, ce processus est désigné sous le terme de régulation positive ou négative. Michael Ristow, professeur à l’ETH, et son équipe ont utilisé cette réalité pour chercher des gènes régulés exactement de la même façon chez les trois organismes au cours des différents stades de vie : juvénile, adulte et vieillesse. Ils sont ainsi parvenus à la conclusion que ces gènes ont un lien avec le processus de vieillissement. À la fin de l’étude, les trois espèces ne possédaient que 30 « gènes du vieillissement » en commun (sur les milliers de gènes étudiés).

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Une vie plus longue et plus active

La longévité a augmenté de 25 % en moyenne

Parmi ces 30 gènes, le Bcat-1 a été identifié comme étant particulièrement influent. Lorsque ce gène a fait l’objet d’une régulation négative chez les vers ronds, la longévité de l’animal a augmenté de 25 % en moyenne. « Il s’agit de l’effet le plus significatif sur la durée de vie que nous avons pu mesurer dans nos essais », explique le Professeur Michael Ristow. En outre, le ver, qui ne vit en moyenne que 14 à 20 jours, est resté plus longtemps en forme. Cette amélioration a été constatée dans des paramètres tels que les pigments liés à l’âge, la vitesse de mouvement et la fréquence de reproduction. Selon le Professeur, tous ces facteurs ont connu une amélioration.

 

Les scientifiques ont identifié que cette augmentation de la vitalité et de l’espérance de vie était due aux acides aminés ramifiés. Comme le Bcat-1 contient le schéma d’une enzyme responsable de la dégradation de ces acides aminés, des niveaux supérieurs d’acides aminés s’accumulent dans l’organisme de l’animal lorsque le gène est bloqué. À titre de comparaison, les effets ont également été étudiés en nourrissant les animaux avec des aliments enrichis en acides aminés. Dans ce cas, un effet positif sur la longévité a encore été identifié, bien que cet effet soit moins prononcé.

Des effets chez l’Homme sont également possibles

Le mécanisme fonctionne de façon similaire chez les humains

Cette étude exclut complètement l’impact chez les humains. Néanmoins, en se basant sur ces résultats, les chercheurs sont déjà convaincus que ce mécanisme fonctionne de façon similaire chez les humains. « Nous n’avons recherché que les gènes conservés au cours de l’évolution, par conséquent présents dans tous les organismes, y compris chez les humains », déclare Michael Ristow, expert en métabolisme énergétique et auteur coordinateur de l’étude.

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Selon le professeur de l’ETH, l’étude de suivi est déjà en phase de planification. Cependant, M. Ristow explique que, pour des raisons évidentes, cette étude n’a pas pu être utilisée pour mesurer l’espérance de vie des humains, car celle impliquerait un projet de recherche trop long et trop coûteux. À la place, des paramètres tels que le taux de cholestérol et la glycémie serviraient d’indicateurs représentatifs de l’état de santé des sujets.

Pas plus vieux, mais en meilleure santé

L’objectif ne consiste pas à augmenter l’espérance de vie

Selon le Professeur Ristow, de nombreux acides aminés ramifiés sont déjà employés dans un but thérapeutique, par exemple pour traiter les lésions hépatiques ou pour l’alimentation des sportifs. Le scientifique explique que ces recherches n’ont pas pour objectif d’augmenter l’espérance de vie des humains, déjà en progression. Au vu des développements démographiques et du coût des soins médicaux, Michael Ristow est persuadé qu’il ne serait pas logique d’espérer vivre encore plus vieux tourmenté par les maladies.

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Le but est plutôt de prolonger la période durant laquelle les personnes sont en bonne santé et dynamiques. Des études comme celle-ci apportent de précieuses informations sur le processus de vieillissement et contribuent grandement à la prévention des maladies chroniques liées à l’âge, par exemple le diabète ou l’hypertension. Le Professeur Ristow insiste sur le fait que ces progrès améliorent non seulement la qualité de vie des personnes âgées, mais permettent également de réduire considérablement les frais médicaux et le coût des soins.

ADNPhoto de couverture : Flickr — Mehmet Pinarci (CC BY 2.0)Image 1 : Wikipédia — Dan Dickinson (CC BY-SA 3.0)Gif 1 : Flickr — Vancouver Film School (CC BY 2.0)Gif 2 : Imgur — orbojunglist

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