FollowKnee : les techno révolutionnent la chirurgie du genou

Imaginez un chirurgien opérant un genou avec un casque de réalité virtuelle pour y implanter une prothèse imprimée en 3D… De la science-fiction ? Pas du tout ! Le projet FollowKnee, mis en place par un consortium français, a pour objectif d’avoir ses premiers résultats d’ici à 3 ans.

 

FollowKnee, c’est un projet sur 5 ans avec un budget de 24,5 millions d’euros et qui veut révolutionner chaque étape d’une opération du genou, avec une approche multidisciplinaire et la combinaison des compétences de sept partenaires, publics et privés. Le projet combine scan de la morphologie du patient, impression 3D d’une prothèse conçue sur mesure, opération en réalité augmentée, et suivi post-opératoire par des capteurs intégrés…

 

De plus en plus de prothèses du genou

Il faut dire que la population vieillissante et l’augmentation des personnes en surpoids décuplent le besoin en prothèses de genou. D’autant que ces prothèses peuvent aussi concerner des patients jeunes qui souffrent des genoux mais veulent continuer à faire du sport. En 2016, 80 000 prothèses du genou ont été implantées en France. Le nombre de poses devrait croître de 600% d’ici à 2030, d’après le consortium.

Le projet sera coordonné par le professeur Éric Stindel, qui dirige le Laboratoire de traitement de l’information médicale, dépendant de l’INSERM, avec l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), l’Institut Mines-Telecom Atlantique (IMTA), l’Inserm et le CHRU de Brest. Imascap créera le modèle 3D et la base de données associée. L’entreprise bordelaise Immersion développera l’interface en réalité augmentée qu’utilisera le chirurgien lors de l’opération afin d’aider à la pose de la prothèse, a priori avec un équipement en casques HoloLens de Microsoft. SLS gérera l’impression 3D de la prothèse, et le CEA Grenoble fournira les capteurs intégrés à la prothèse.

Prothèse connectée : vue 3D (crédits CHRU de Brest)

Une prothèse connectée pour un meilleur suivi

Pourquoi proposer une prothèse connectée ? « Pour le patient, la prothèse de genou connectée signifie plus de sécurité. Il pourra ainsi récupérer à domicile via son smartphone des informations relatives à sa prothèse qu’il pourra transmettre à son kinésithérapeute lors de la rééducation et, s’il le souhaite, à son chirurgien », explique le Pr Éric Stindel. Une fois ces données reçues, l’objectif sera d’apporter un conseil au patient sur les exercices qu’il peut pratiquer, mais aussi de rechercher les infections qui peuvent parfois être associées à ce type d’intervention chirurgicale. En cas de problème, le patient pourra être pris en charge de façon plus précoce et personnalisée.

Prothèse connectée : vue au bloc opératoire

Prévu sur 5 ans, le projet de prothèse de genou connectée suivra un développement en deux étapes principales. Des prothèses de genoux fabriquées en 3D et implantées sur 220 patients seront réalisées d’ici à 3 ans, puis les capteurs qui seront testés sur 30 patients. L’objectif est d’obtenir un produit commercialisable avec une évaluation clinique des résultats d’ici 5 ans.

 

Nathalie Bloch Sitbon

Partager cet article

Read Full Story