Aux limites de l’innovation

Fashion Tech 2016 : une mode innovante et écologique

La semaine dernière, la 4ème édition de la Fashion Tech Week s’installait dans plusieurs endroits-clés à Paris. Sous la forme d’un défilé, d’une exposition et de nombreuses conférences, les amateurs d’innovation et de mode ont pu découvrir de toutes nouvelles marques qui conjuguent innovation et éthique, pour une mode adaptée aux enjeux de son temps.

 

La mode de demain, ce n’est pas qu’une question de design ! Quand la technologie se met au service du vêtement, c’est souvent pour lui offrir de nouvelles perspectives dans les processus de fabrication. Gain de temps, de précision, révolution de la matière : les solutions intelligentes sont là, prêtes à inspirer les jeunes créateurs.

La mode de demain, c’est aussi celle qui s’adapte à l’homme connecté : les vêtements de luxe peuvent se doter d’une technologie anti-hacking, comme les costumes de la maison Dupuy de Lôme qui protègent du piratage des données de smartphones et cartes bancaires.

Mais par-dessus tout, la mode de demain est engagée : La Fashion Tech est là pour encourager les pratiques émergentes qui respectent l’environnement et les règles du commerce équitable.

 

Serycine, Exocet, Le Tricodeur : quand la mode utilise et révolutionne la technique de l’impression 3D

 

Pour Morning Lau et Yasmine Jaber, les deux créatrices de la marque Exocet, le choix de l’impression 3D s’est imposé après plusieurs essais infructueux : assemblage de pièces en cuir, découpes dans du plexiglass… rien n’a apporté autant de précision et de détail dans les formes que l’impression 3D !

Les pièces imprimées grâce à l’imprimante SLS 3D Printer sont assemblées, à Paris, aux sacs à main confectionnés de manière traditionnelle en cuir italien. La particularité de ces sacs de luxe ? Chaque pièce rend hommage à un animal, vivant ou imaginaire, imprimé en relief.

 

Exocet
Sac à main Exocet, collection Explore 2016.

 

La start-up Serycine a choisi, elle aussi, d’utiliser le même principe d’impression 3D pour concevoir ses produits. Clara Hardy, designeur et Constance Madaule, ingénieure agronome, ne s’en servent pas pour créer des motifs avec précision, mais pour révolutionner une matière bien connue : la soie. La jeune entreprise tire son nom de la séricine, protéine naturellement présente dans la soie, mais d’habitude éradiquée par les nombreux traitements qu’elle subit avant d’être exploitée.

Les deux entrepreneuses ont créé en 2015 un nouveau mode de production de la soie : celle-ci n’est pas tissée et ne subit aucune transformation de la matière première. Autrement dit… les vers à soie tissent directement l’objet dessiné par Clara Hardy, exactement comme une imprimante 3D !

Cette technique unique, qui produit de la soie dite conformée, créé une matière légère et brillante qui inspire autant la mode que la confection d’objets de décoration : luminaires, tentures…

 

 

Une autre manière de révolutionner la technique de l’impression 3D ? En piratant une machine à coudre ! C’est l’idée folle de Louis Eveillard, inventeur du Tricodeur, une machine à coudre électronique piratée par un ordinateur. La machine permet de créer des motifs en maille générés par du code informatique.

Créé à l’occasion d’un workshop en 2014, le Tricodeur est conçu comme un outil de sensibilisation à la programmation pour le public le plus éloigné du numérique, avec une production originale et personnalisée à la clé.

 

tricodeur
Le Tricodeur est un projet collaboratif entre plusieurs associations : Sew&Laine, spécialisée dans le textile fait-main, et Processing Bordeaux, centré sur les technologies digitales créatives, et le studio de création 2Roqs.

 

L’éco-tendance 2016 : Ocean Team et Makabu s’engagent pour une mode responsable

 

L’avenir de la mode se conjugue à l’engagement des marques pour une production responsable. Ce qui implique, entre autres, de recourir à un processus de fabrication respectueux de l’environnement, d’utiliser des matières premières biologiques ou recyclées, de favoriser la production locale…

Si de nombreuses marques s’engagent à proposer une offre transparente et éco-responsable de vêtements classiques (parmi elles, Dressing Responsable et ShopEthik, Olly Lingerie, d’autres montrent qu’il est même possible d’allier technologie et création tout en respectant l’environnement.

C’est le cas d’OceanTeam, qui a présenté son unique pièce, l’OceanDress, à l’occasion de la Fashion Tech Expo. Son système composé d’un panneau solaire et de LEDS programmables permet d’obtenir un effet lumineux évolutif et autonome en énergie.

Plus qu’une simple pièce futuriste, l’OceanDress est porteuse d’un message fort : avec son jupon composé de sachets plastiques tissés sur du filet de pêche, l’OceanTeam s’engage pour la préservation des océans.

 

OceanDress, OceanTeam
Avec l’OceanDress, OceanTeam montre qu’il est possible d’associer high-tech et écologie dans le monde de la mode.

 

L’OceanTeam surfe donc sur la nouvelle tendance de l’upcycling, qui consiste à récupérer des objets divers (dont des vêtements) pour confectionner de nouvelles pièces. Ce concept est au coeur de la marque Makabu, dont le créateur, Charly, ne cesse de recycler de vieux vêtements pour créer de nouvelles pièces uniques et personnalisées. En y ajoutant des broderies et des motifs confectionnés dans des sacs de riz, le plasticien créé de superbes blousons et bottes vintages.

 

Makabu
Une des pièces uniques de Makabu

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