Aux limites de l’innovation

Faire voler un drone par la pensée

Cela peut sans doute paraître incroyable, mais nous l’avons nous-même testé ! À l’occasion de la Nantes Digital Week, les chercheurs du CHU de Nantes en association avec l’école Centrale ont en effet présenté au grand public le fruit de leurs derniers travaux : un drone que l’on peut commander avec la pensée.

 

Première étape, se coller 15 électrodes sur la tête

La première curiosité que l’on remarque sur le stand du CHU de Nantes, c’est l’étrange couvre-chef d’un des ingénieurs. Aurélien Van Langhenhove porte en effet un bonnet sur la tête, auquel sont fixés 15 électrodes. Le tout est relié à un boitier, lui-même branché à un ordinateur. Assis sur le bureau en face du drône, Aurélien est impassible et ne détourne pas les yeux de son écran, c’est par lui qu’il commande l’appareil.

L’ordinateur contrôle en effet l’activité cérébrale du pilote en analysant les impulsions électriques liées à l’activité du cerveau. Celles-ci sont transmises par les électrodes fixées près du cortex visuel. À chaque nouveau pilote, il faut environ 15 minutes de configuration pour que l’intelligence artificielle reconnaisse et calibre les impulsions électriques. “Il n’y a pas de configuration unique adaptée à tous les profils, explique l’ingénieur, le temps de configuration est un peu long car l’intelligence artificielle doit tout réapprendre à chaque nouvel utilisateur.”

 

Pour ce faire, le pilote doit se soumettre à un exercice de concentration. Il doit fixer un point précis et donner un signal dans sa tête chaque fois que le point en question clignote. Chaque point en question est en réalité une direction à donner au drone. Après quelques instants, l’ordinateur parvient à déterminer quel point est fixé, et envoie la commande correspondante au drone.

 

Destiné à un usage thérapeutique

L’exercice une fois passé, le pilote peut ainsi faire décoller et déplacer le drone à l’envie en fixant n’importe quel point sur l’écran. Si l’expérience fascine le grand public qui s’amasse en nombre pour observer la prouesse, ce n’est pas pour amuser la galerie que ces ingénieurs se sont attelés à ces recherches. Vincent Roualdes, neuro-chirurgien au CHU de Nantes, y voit l’opportunité de redonner une indépendance aux personnes paralysées et tétraplégiques, mais également une solution de rééducation pour les personnes victimes d’un AVC ou à des personnes amputées. Victimes de douleurs fantômes à l’endroit où le membre a été sectionné, les personnes pourraient désormais rééduquer leurs neurones. De plus, ce nouvel usage peut s’appliquer à n’importe quel objet connecté.

 

La finalité est de pouvoir ainsi implanter directement dans le crâne des personnes concernés ces fameuses électrodes pour garantir une meilleure précision et une plus grande rapidité des commandes. Encore en phase expérimentale, Vincent Roualdes espère pouvoir démarrer une phase d’essais cliniques l’année prochaine au CHU de Nantes.

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