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Expo « Sites éternels » : un double numérique pour le patrimoine culturel

Alice Darelle Writer

Depuis le 14 décembre, l’exposition « Sites éternels » au Grand Palais montre comment la technologie de pointe peut intervenir dans le domaine de la préservation du patrimoine culturel. Grâce aux drones et à la technologie 3D, la start-up Iconem recréé numériquement des sites endommagés ou abandonnés.

 

La Réunion des musées nationaux-Grand Palais et le Musée du Louvre se sont associés pour présenter une nouvelle exposition, « Sites éternels ». Menée de front par la société Iconem, la grande entreprise de préservation du patrimoine culturel par le numérique repousse les limites de la technologie. L’exposition, gratuite, est à voir jusqu’au 9 janvier au Grand Palais.

 

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Créer une mémoire numérique : quatre grands sites archéologiques préservés

Au cœur de l’actualité, « Sites éternels » promet une expérience immersive à travers des sites aujourd’hui endommagés ou complètement détruits. Depuis 2011, ils sont une centaine à avoir été pillés lors du conflit syrien. Mais l’exposition s’intéresse aussi aux sites délaissés par le temps, comme l’ancienne capitale du roi Sargon en Irak, abandonnée aux alentours de 600 après Jésus-Christ.

Grâce aux dernières innovations technologiques et à l’engagement d’une poignée d’ingénieurs, ces sites archéologiques d’une valeur universelle ont désormais un « double numérique », issu d’une reconstruction au millimètre près et en 3D de ce qu’ils étaient. Grâce à cette précision, les endommagements de certains d’entre eux ne sont peut-être plus irréversibles.

À l’origine du projet, la start-up française Iconem, spécialiste de la reconstitution 3D. En partenariat avec la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie, la jeune entreprise s’engage pour créer une véritable mémoire numérique du patrimoine menacé.

Destinée à la fois au grand public et à la communauté scientifique, le but de l’exposition est de « rendre à nouveau accessibles des sites qui ne le sont plus et montrer la beauté de ces œuvres », explique Jean-Luc Martinez, commissaire général de l’exposition.

Quatre grands sites archéologiques y sont présentés : l’ancienne capitale du roi Sargon à Khorsabad en Irak, le site de Palmyre et le Krak des Chevaliers et la Grande Mosquée des Omeyyades à Damas, en Syrie. Grâce une technologie développée par Google, le visiteur peut procéder à cette reconstitution numérique de ces sites à l’aide d’une tablette, en se déplaçant.

 

Une précision au millimètre près grâce aux technologies de pointe

Pour retranscrire l’intégralité de ces sites de manière très réaliste, les images sont collectées par des drones munis de caméras 4k, et traitées ensuite par des algorithmes 3D explique Roei Amit, directeur adjoint en charge du numérique de la RMN-Grand Palais.

Yves Ubelmann et Philippe Barthelemy, fondateurs d’Iconem, utilisent la technologie de la photogrammétrie qui consiste à prendre de nombreuses photos d’un même sujet d’après des points de vue différents. Un algorithme permet de détecter les points d’intérêt sur les images et de créer par la suite un modèle en trois dimensions texturé.

 

La Mosquée des Omeyyades
La Mosquée des Omeyyades

Quant aux drones utilisés pour la capture des images, Iconem a recours à des UAV (« véhicule aérien sans pilote ») type ailes volantes qui permettent d’obtenir des données sur de grandes surfaces et d’être précis à 2-3 centimètres près.

Ils utilisent aussi des multicopters ou drone à hélices : bien qu’ils fassent preuve de moins d’autonomie en vol, ils peuvent réaliser des vols stationnaires et ont la capacité d’être précis au millimètre.

 

Yves Ubelmann et Philippe Barthelemy utilisent un drone à hélices.
Yves Ubelmann et Philippe Barthelemy utilisent un drone à hélices.

« En mode automatique, l’appareil vole selon une trajectoire déterminée à l’avance sur un plan, avec une hauteur constante par rapport au sol. Le mode manuel, possible avec un retour d’image, permet de s’adapter au terrain s’il est complexe », explique Yves Ubelmann.

Pour compléter le tableau, l’équipe utilise des perches télescopiques et des photos prises à même le sol afin d’obtenir l’ensemble le plus précis possible.

Au-delà des problématiques liées au matériel et à leur adaptation face aux différentes situations, l’équipe d’Iconem doit faire face au contexte sécuritaire qui limite parfois leur champ d’action.

 

Une visite virtuelle depuis chez soi avec Google Art & Culture et Sketchfab

Les visiteurs peuvent prolonger et enrichir leur visite en ligne en visionnant un ensemble de vidéos qui présentent les sites archéologiques et montrent la prise de vue en temps réel d’Iconem :

 

 

Grâce au partenariat de l’exposition avec Google Art & Culture, il est aussi possible de regarder des vidéos 360° pour une visite virtuelle depuis chez soi. L’internaute pourra aussi utiliser un casque de réalité virtuelle pour enrichir son expérience.

 

Pour retrouver l’ensemble des reconstitutions du patrimoine syrien, rendez-vous sur le site Syrian Heritage Revival et sur le profil Sketchfab d’Iconem.

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