Election présidentielle : le rôle des réseaux sociaux

Il y a les médias traditionnels et les réseaux sociaux. Il y a les éternels sondages et il y a la notoriété sur Internet. En cette année électorale, Internet et les réseaux sociaux jouent un rôle de plus en plus important. Découvrez les nouvelles méthodes utilisées par les plateformes qui décryptent la présence des candidats sur les réseaux sociaux et sur le web.

 

La présence des politiques sur le web : pour le meilleur et pour le pire

Pour acquérir de la visibilité, les réseaux sociaux sont une alternative aux grands médias et les candidats à la présidentielle l’ont bien compris. Certains font même de leur popularité sur le web un des atouts majeurs de leur campagne. Mais parmi le flux des informations qui défilent à toute vitesse sous nos yeux, comment s’y retrouver et surtout, comment faire la part des choses entre le vrai et le faux ?

 

L’une des affiches de campagne de François Asselineau précise le nombre de connexions à son site internet

Cette présence active des politiciens sur les réseaux sociaux contribue à changer à la fois l’image de la politique, mais modifie aussi le web en profondeur. Tim Berners-Lee, co-fondateur du World Wide Web il y a trente ans, a récemment publié une tribune qui met en garde contre les nouvelles dérives d’Internet. En effet, le web se voit d’après lui menacé par l’ampleur considérable que prennent la désinformation ciblée et la publicité politique en ligne : « On soupçonne que certaines publicités politiques, aux États-Unis et dans le reste du monde, sont utilisées sans éthique pour diriger des internautes vers des sites de fausses informations, par exemple ou pour en dissuader d’autres d’aller voter. La publicité politique ciblée permet à une même campagne de présenter des messages radicalement différents, voire contradictoires, à différents groupes de personnes. »

Ainsi, la nécessité d’avertir les internautes mais aussi de trouver des solutions pour analyser ces comportements sur le web s’impose aujourd’hui plus que jamais. Le Politoscope, une plateforme open source d’analyse créé à l’initiative du CNRS, marque un premier pas vers la compréhension générale de l’ensemble des données relatives à la politique qui nous échappent sur le web.

 

Le Politoscope pour décrypter l’activité des candidats sur Twitter

Depuis un an, des chercheurs du CNRS et du Centre d’analyse et de mathématiques sociales ont récolté près de 40 millions de tweets publiés par 3 200 personnalités politiques (députés, maires, candidats), ainsi qu’une trentaine de millions en provenance de comptes de médias et de journalistes. Le but de cette pêche colossale ? Créer un outil d’interprétation et d’analyse à destination du grand public, pour l’aider à comprendre ce qu’il se passe réellement sur les réseaux sociaux. C’est de là qu’est né le Politoscope : actualisée au fil des semaines en temps réel, cette plateforme est accessible à tous et open source.

Pour penser cet outil qu’ils appellent le « macroscope », les chercheurs sont partis d’un constat : Twitter a été totalement intégré dans les stratégies de communication politique, et la présidentielle de 2017 sera la première à être autant affectée par l’impact du réseau social.

Par ailleurs les utilisateurs de Twitter peuvent être dépassés par l’immense masse de données générées à l’approche des élections : c’est d’autant plus le cas qu’ils ne possèdent aucune grille de lecture ou d’analyse qui leur permettrait de contextualiser les informations, d’identifier leur source ou encore l’objectif précis de leur diffusion. Le Politoscope leur offre ainsi un moyen d’y remédier et de redonner du sens aux tweets qui défilent.

Le site web s’intéresse d’abord aux communautés politiques pour décrypter leur comportement : ces communautés virtuelles sont identifiées par l’analyse des actions des utilisateurs (retweets fréquents, follower, mentions @…). Au fil de l’actualité et des événements politiques, ces communautés évoluent, s’agrandissent ou se rejoignent.

 

Image de la twittosphère politique entre août 2016 et février 2017

Pour chaque candidat, classé par parti, la plateforme donne accès à un graphisme qui indique l’attention qu’y porte la communauté du candidat, l’attention des médias et celle des autres communautés. Les thèmes abordés par les candidats sont identifiés sous la forme de mots clés. L’internaute a accès au nombre de mentions de ces mots clefs par jour.

Graphisme de l’évolution des mots clefs mentionnés relatifs au thème « Emploi »

 

 

La plateforme est amenée à évoluer au fil des recherches et des analyses. Pour suivre de près les nouveaux outils mis à disposition du public, vous pouvez vous inscrire à la newsletter ici.

 

BuzzPol de Filteris : la mesure du buzz des candidats sur le web

Une autre plateforme, BuzzPol, mise en place par la société canadienne Filteris spécialisée en audit et stratégie numériques propose une méthode issue du Big Data et des algorithmes pour évaluer la popularité des candidats sur Internet.

Les études menées mesurent les « perceptions, avis et opinions » positives et négatives « librement exprimés sur le Web et les réseaux sociaux ». Si l’outil dévoile des mesures moins spécifiques que le Politoscope, il est souvent pris comme référence, parfois à tort, par les médias. En effet, les scores indiqués ne sont pas représentatifs des intentions de vote mais uniquement du buzz autour des candidats.

BuzzPol offre une alternative aux sondages traditionnels en démontrant pourquoi ceux-ci sont discutables.

La plateforme existe sous la forme d’une application iOS ou Android qui permet d’avoir accès aux mesures dès leur diffusion et de suivre l’évolution des scores depuis le 8 mars. Consulter les dernières mesures BuzzPol ici.

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