Aux limites de l’innovation

Des SeaBubble pour la Seine

Il est reconnu que les transports dans les grandes villes, comme Paris, sont une plaie, aussi bien les déplacements en voitures, qu’en bus, qu’en tramway ou qu’en métro. Les rues des grandes villes ont été conçues il a plusieurs siècles pour certaines et les transports en commun datent du début du XXe voire de la fin du XIXe siècle. Certes des aménagements ont été faits depuis, mais il est difficile de bouger les grandes lignes.

Pour Paris, des solutions sont arrivées pour freiner principalement les déplacements automobiles avec dans un premier temps les Vélib’ puis les Autolib’. D’ailleurs ces concepts sont aussi en fonction dans d’autres grandes villes.

Le projet Seabubble
Le projet SeaBubble

Sur l’eau

Mais un concept n’a pas été encore pleinement exploité : celui des voies navigables. S’il existe certains transports en commun aquatiques, ils sont rares. Alors Alain Thébault a eu une idée.

Alain Thébault est un navigateur chevronné à l’origine, avec Eric Tabarly, de l’hydroptère. Ce drôle de bateau à voile dispose de foils, des ailes immergées, permettant, à partir d’une certaine vitesse, au bateau de se soulever. Ce système a permis à l’hydroptère de battre le record absolu de vitesse sur 500 mètres avec 51,36 nœuds (95,12 km/h) et une pointe à 55,5 nœuds (102,79 km/h).

L'hydroptere
L’hydroptere
© ARNAUD PILPRÉ

Et c’est ce concept qu’Alain Thébault souhaiterait appliquer au SeaBubble. Ici, l’idée n’est pas d’atteindre des vitesses rapides, mais de limiter les frottements de l’eau sur le véhicule marin. Ce dernier se présente sous la forme de ce qui pourrait s’apparenter à une voiture avec les foils du concept de l’hydroptère. Les SeaBubbles seraient capables d’accueillir jusqu’à quatre personnes et fonctionneront à l’électricité. Si dans un premier temps, les débuts se font avec un chauffeur, Alain Thébaut pense déjà à les rendre autonomes à l’instar des Google Car.

 

Du soutien

Alain Thébault a révélé qu’il devait l’impulsion de la réflexion sur ce projet à ses filles. En effet, elles lui ont dit un jour « C’est très bien d’avoir battu le record de vitesse à la voile, mais que pourrais-tu faire pour être utile à la planète ? ». Avec cette petite remise en question, Alain Thébault a été frappé par le nombre d’embouteillages dans les villes au bord d’un fleuve ou d’un lac, comme Paris ou Genève, et l’idée à commencer à germer.

 

 

Alain Thébault
Le navigateur Alain Thébault

Le projet a déjà été présenté à Anne Hildago, Maire de Paris, et les premiers essais pourraient avoir lieu dès le mois de juin. Le projet SeaBubble a le soutien officiel de Parrot, le célèbre fabricant de drones. Cependant, d’autres soutiens devront être trouvés, car chaque SeaBubble est estimé à près de 30 000 euros.

D’autres villes ont déjà montré de l’intérêt pour ce projet comme Londres, San Francisco et Hong Kong, et Alain Thébault se voit bien vendre 500 SeaBubble dès 2017.

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