Aux limites de l’innovation

Des organes en 3D pour aider les chirurgiens

L’impression 3D va bien plus loin que la création de simples objets. Elle peut contribuer à sauver des vies ! C’est l’objectif de la start-up Biomodex qui imprime en 3D des organes pour améliorer la simulation chirurgicale.

 

On est loin du temps où les médecins allaient en cachette déterrer des cadavres pour étudier l’anatomie humaine. Et pourtant, encore aujourd’hui, les chirurgiens ont peu de choix pour s’exercer, travaillant sur des cadavres, des mannequins ou des animaux. Malheureusement, faute d’entraînements suffisamment élaborés, certaines erreurs médicales peuvent advenir. C’est pour cela que la start-up Biomodex imprime en 3D des organes pour améliorer la simulation chirurgicale !

 

 

Des organes imprimés avec les mêmes caractéristiques que les tissus humains

Start-up française basée à Paris et Boston, Biomodex imprime en 3D des organes et des modèles de simulation qui permettent aux chirurgiens de s’exercer avant une opération et ainsi réduire les risques associés. Elle développe ainsi des organes synthétiques, imprimés en 3D à partir de l’imagerie médicale des patients, scanners ou IRM. De plus, les simulateurs reproduisent les caractéristiques mécaniques des tissus humains. En effet, la start-up a développé des technologies permettant de créer des matériaux composites ayant les mêmes caractéristiques biomécaniques que les tissus humains, qu’ils soient durs ou mous. Elle pourra, par exemple, réaliser un morceau de membre avec tous les éléments anatomiques comme la peau, les os, les ligaments, les tendons, les artères…

 

Dans la formation comme pour l’entraînement pré-opératoire

Ces objets permettent ainsi une expérience de simulation chirurgicale bien plus avancée et personnalisée, aussi bien pour la formation en chirurgie que pour la simulation préopératoire. En effet, en reproduisant avec exactitude et dans le détail des organes ou le résultat de différents traumatismes, la société propose une alternative aux solutions de formation chirurgicale qui évite l’entraînement sur des patients, sur des parties anatomiques de cadavres ou même sur des animaux.

De même, ces organes synthétiques permettent aussi un entraînement pré-opératoire. Le médecin peut transférer à la start-up, de manière sécurisée, les images médicales de son patient, issues de scanners, d’IRM ou d’échographie. Le chirurgien reçoit rapidement à l’hôpital les organes demandés pour s’entraîner, choisir la bonne approche, la meilleure stratégie opératoire ainsi que, si nécessaire, la prothèse la plus adaptée. Enfin, la start-up s’adresse également aux fabricants d’appareils médicaux qui peuvent valoriser leur offre en proposant un entraînement permettant d’optimiser les chances de réussite des gestes chirurgicaux.

 

Une société « incubée » par Dassault Systèmes

Biomodex s’inscrit ainsi dans une médecine personnalisée et a pour objectif de faire baisser le risque opératoire de manière substantielle, de réduire le temps passé dans le bloc opératoire et de diminuer les complications.

La start-up espère imprimer un millier d’organes synthétiques cette année, dans le cadre de programmes pilotes, principalement aux Etats-Unis.

Biomodex fait partie des sociétés du programme 3D Experience LAB, accélérateur de Dassault Systèmes.

 

Nathalie Bloch-Sitbon

 

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