Aux limites de l’innovation

Cyber-roses : et si les plantes aussi rejoignaient l’IoT

Tout commence en Suède, à l’université de Linkoping. Une équipe de chercheurs décide de mélanger des polymères semi-conducteurs à de l’eau. Ces polymères, une fois dissouts dans l’eau, ont pu être absorbés par la rose via son système vasculaire naturel. Vingt-quatre heures plus tard s’était formé un circuit électrique qui s’était solidifié sur une dizaine de centimètres à l’intérieur de la plante. Les chercheurs ont ensuite fait circuler un faible courant électrique, d’une conductivité de 0,1 siemens par centimètres. De là est née cette cyber-rose !

 

Etudier la plante in vivo

L’un des enjeux de cette expérience était de maintenir la plante en vie. Beaucoup d’essais ont échoué mais cette fois-ci, le circuit solidifié à l’intérieur de la plante n’a pas obstrué l’acheminement d’eau et de nutriments pour la plante. Cette expérience représente pour les chercheurs l’éventuelle opportunité d’optimiser les plantes. Il serait peut-être en effet possible à terme de pouvoir mesurer les besoins des plantes, la quantité d’eau requise, leur état de santé, etc.

A ce stade de la recherche, il est toutefois difficile de dire si cette innovation trouvera une réelle utilité pratique. Le scientifique auteur de l’étude, Magnus Berggren, est optimiste : « de nombreuses questions sur la biologie des plantes sont depuis longtemps sans réponse du fait du manque de technologies qui permettent de réguler précisément leurs fonctions localement et in vivo. » Le fait de pouvoir enregistrer et observer les besoins des plantes et de son système de fonctionnement de manière électronique représente donc pour les chercheurs une avancée non négligeable, a minima dans le domaine de la recherche.

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Quel avenir pour ces plantes ?

La régulation électronique des plantes pourrait en effet réduire l’utilisation de produits chimiques et polluants tels que les engrais ou les pesticides. Le fait que la plante conserve l’intégrité génétique et ne subisse pas de modification de son ADN permet également d’envisager un futur sans plantes OGM, dont la nature est très controversée dans de nombreux pays, dont la Suède. L’horizon des manipulations génétiques pour l’esthétique des fleurs pourrait également subir un changement radical. Les chercheurs de l’université de Linkoping ont en effet pu changer la couleur d’une des roses en lui assénant un courant électrique.

Pour Magnus Berggren, ces recherches ne sont qu’un début. Le chercheur imagine l’incorporation de détecteurs électroniques dans quelques plantes afin de déterminer à quel moment celles-ci libèrent les hormones précédant le processus de floraison ou d’autres changements de la plante. A terme, on pourrait imaginer avancer ou retarder la floraison des fleurs pour les protéger des hivers rudes. Berggren imagine aussi la possibilité d’utiliser la photosynthèse des plantes ou des arbres pour générer de l’électricité, nous permettant à l’avenir d’utiliser de l’énergie sans avoir à détruire la flore environnante.

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