Aux limites de l’innovation

Course de drones : IA contre humain

Le Jet Propulsion Laboratory, un laboratoire d’expériences affilié à la NASA, a organisé pour s’amuser une compétition entre un drone piloté par une IA et un drone piloté par un humain. Le résultat est révélateur de l’évolution technologique des intelligences artificielles.

 

D’un côté, Ken Loo, l’un des meilleurs pilotes de drone au monde. De l’autre, une intelligence artificielle créée par le Jet Propulsion Laboratory (JPL), un laboratoire de la NASA qui travaille notamment sur le système de navigation des navettes spatiales. Au centre, un parcours pour drone semé d’embuches, avec des virages serrés, des rideaux à esquiver, et cerceaux sous lesquels passer.

Cette expérience du JPL a commencé comme un petit challenge de laboratoire, mais s’est avéré particulièrement instructif. Dans une note de blog, les scientifiques expliquent en détails leur démarche : ils ont tout fabriqué eux-mêmes, y compris les drones, dont la vitesse peut monter jusqu’à 129 km/h. « Mais sur le parcours du combattant installé dans l’un des entrepôts du JPL, ils ne pouvaient pas aller au-delà de 64 km/h » précise l’article. A cette vitesse, il faut déjà de beaux réflexes pour arriver à ne pas perdre le cap !

 

Victoire du pilote humain, mais…

Dans la vidéo de l’expérience, on peut voir que les deux drones ont réalisé le parcours l’un à la suite de l’autre, et que c’est le temps moyen au tour qui les a départagés. Ken Loo s’est lancé le premier, réalisant un temps moyen par tour de 11,1 secondes. De son côté, le drone piloté par l’intelligence artificielle a réalisé un temps moyen de 13,9 secondes, ce qui le place derrière le pilote humaine en termes de rapidité.

 

 

On pourrait donc en déduire que l’homme reste, aujourd’hui, supérieur à l’IA en ce qui concerne le pilotage de drones. Mais la réalité est plus subtile : si l’IA a été légèrement plus lente que Ken Loo, c’est parce que ce dernier a pris des risques en pilotant. Il s’est également fatigué au cours de la course, et cela s’est ressenti sur ses temps, qui sont déséquilibrés selon les tours. « L’un de mes défauts en tant que pilote, c’est que je me fatigue facilement, et quand je suis mentalement fatigué, je commence à me perdre, même si j’ai fait le parcours 10 fois » a-t-il expliqué. De son côté, l’intelligence artificielle a calculé un parcours sûr, et s’y est tenu tout le long de la course. Résultat : ses temps sont très constants et le drone aurait pu continuer en faisant le même circuit durant des heures, là où les temps de Ken Loo se seraient dégradés rapidement.

 

L’importance d’être constant

Pour les chercheurs du Jet Propulsion Laboratory, si Ken Loo est bien un excellent pilote, l’IA l’aurait battu si la course avait duré plus longtemps. « Nos drones autonomes peuvent voler beaucoup plus vite » a déclaré Rob Reid, ingénieur du Jet Propulsion Laboratory en charge du projet. « Un jour, vous les verrez concourir professionnellement ! »

Pour lui, les drones pilotés par une IA pourraient notamment servir, dans un futur proche, pour réaliser des inventaires dans des entrepôts, ou assister des missions de sauvetage. « Ils pourraient même être utilisés pour aider de futurs robots à naviguer dans les couloirs d’une station spatiale » estiment les ingénieurs, qui ne perdent pas leur première mission de vue. En attendant, ils peuvent s’entraîner à défier des pilotes humains sur Terre… ça marche aussi !

 

Audrey Oeillet

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