Aux limites de l’innovation

Comment la France organise son industrie robotique ?

Avec l’explosion de la pratique numérique, le rythme effréné des avancées technologiques en termes d’intelligences artificielles, de machine learning ou encore de robotique, la France déploie de nombreux moyens pour rester dans la course de l’industrie du futur.

 

L’industrie de la robotique représente environ 150 000 emplois dans l’Hexagone, avec un taux de croissance annuel de 29,4 % de 2008 à 2014 et la tendance devrait continuer d’augmenter jusqu’en 2020. C’est en effet ce que déclare Business France dans son rapport sur le marché de la robotique, qui classe la France comme le 5ème pays exportateur de robot au monde.

 

Le marché de la robotique, secteur d’avenir pour la France

Malgré un départ tardif, la France a su rattraper ses concurrents pour finalement devenir le 3ème pays européen le plus robotisé. Ce qui traduit cette croissance rapide, c’est l’arrivée de nombreuses entreprises et start-up orientées sur le développement de logiciels ou de robots. Parmi elles, le secteur des transports et plus précisément l’automobile représente à lui seul 40% des ventes de robots industriels. Le chiffre d’affaires du secteur de la robotique industriel s’élève à 400 M€.

Aujourd’hui, vous avez deux sortes de robots industriels, détaille Catherine Simon, présidente fondatrice du salon de la robotique Innorobo au micro de France TV Info : le robot traditionnel, derrière des caches, qui est plutôt un automate et qui répète inlassablement le même geste de façon très précise et très rapide, et puis le robot collaboratif, qui sort des caches, qui est doté de capacités sensorielles, qui comprend et perçoit son environnement et du coup qui peut travailler aux côtés des hommes.”

 

Les sociétés françaises se démarquent

Outre la robotique industrielle, la France sort également son épingle du jeu pour ce qui est de la robotique de service. La société lyonnaise Hease Robotics s’était par exemple particulièrement démarquée au CES de Las Vegas en début 2017 en présentant son robot Heasy, véritable agent d’accueil pour le grand public. Le succès a été tel que la marque de distribution E.Leclerc a décidé d’acquérir quelques robots pour ses centres commerciaux. « D’ici la fin d’année, nous allons installer une dizaine de robots dans le retail, les gares/aéroports, les banques ou encore en facility management. Nous travaillons en parallèle sur l’industrialisation avec ouverture des précommandes en février de l’année prochaine : les premiers robots kiosques seront livrés en mai 2018. »

Robot Heasy
Robot Heasy

Le robot, destructeur d’emplois ?

Quand on aborde l’essor de la robotique en France, les craintes liées à l’emploi suivent rapidement la réflexion sur la place du robot dans le monde du travail. Catherine Simon se veut rassurante sur l’avenir de l’emploi : “Il n’y a pas de corrélation. Le pays avec la plus forte densité robotique, c’est à dire le plus grand nombre de robots par 10 000 ouvriers dans les usines, c’est la Corée, avec 631 robots pour 10 000 ouvriers, et leur taux de chômage c’est 3,9 %. L’Allemagne, extrêmement robotisée, a un taux de chômage inférieur au notre. Donc je pense qu’il n’y a pas de corrélation, mais oui, il y a une transformation des métiers, des postes.

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