Capgame : pour l’accessibilité des jeux vidéo au public handicapé

Prendre la manette en main, poser ses doigts sur son clavier et sa souris, suivre les instructions à l’écran, ces gestes semblent être pour beaucoup les plus simples du monde. Pour d’autres, c’est toute une épreuve à surmonter.

 

Le handicap touche 12 millions de Français et certains d’entre eux ne laissent clairement pas leur situation dicter leurs loisirs. Joueurs, streameurs, youtubeurs, ils sont quelques passionnés à continuer de jouer aux jeux vidéo malgré des handicaps parfois lourds. L’association Capgame se mobilise afin de créer une communauté de joueurs à mobilité réduite pour partager les expériences, les petites astuces et sensibiliser l’industrie sur ce public de passionnés.

 

Une première rencontre avec le public

 

Présent en tant qu’invité du SELL à la Paris Games Week, l’association Capgme, accompagnée des membres de Game Lover, possédait son propre stand pour présenter ses actions. Le blog Game Lover a été créé par des membres de l’association les Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing, le site web a pour ambition de tester les jeux vidéo et de passer au crible les éventuels problèmes d’accessibilité pour les personnes handicapées.

Une équipe de 8 joueurs, dont 7 en situation de handicap analysent la jouabilité des jeux par le prisme du handicap visuel, moteur, mental ou auditif. Stéphane, éducateur et homme valide, est la plume de Game Lover. « Nous mettons environ 10 heures pour tester un jeu, avec un cahier des charges très précis pour analyser les critères d’accessibilité », précise Stéphane.

 

Stand CapGame lors de la Paris Games Week
©Cyrielle Maurice / Intel IQ

 

Petit à petit, la cause de Game Lover a été reconnue par les éditeurs de jeux vidéo qui envoient désormais des versions des jeux gratuitement à l’équipe afin qu’ils puissent faire leurs tests. « Nous ne faisons pas de jugement critique sur un jeu, nous laissons ça à d’autres sites web et rédactions qui le font déjà très bien. Nous nous concentrons exclusivement sur les aspects mécaniques du jeu, poursuit Stéphane. Notre prochaine étape est d’essayer de sensibiliser les développeurs et les studios sur ces mécaniques dès les débuts du développement du jeu pour connaître quelques ficelles d’accessibilité appréciées par les joueurs handicapés. »

 

Créer un jeu vidéo accessible, rien de sorcier !

 

En effet, l’ajout de mécaniques spécifiques pour permettre à des personnes touchées par des handicaps divers n’est pas nécessairement difficile. Le problème réside davantage dans l’absence de prise de conscience d’un public plutôt que dans de réels soucis techniques. Aux Etats-Unis, un homme du nom de Ian Hamilton a fondé le site web Game Accessibility Guidelines. Il s’agit d’une page qui répertorie les diverses mécaniques de jeu qui répondent favorablement à l’usage d’une personne à mobilité réduite, selon le handicap visé.

 

Ainsi, créer un mode daltonien qui change les couleurs d’un jeu ou un mode permettant de modifier l’attribution des touches fait partie des mécaniques très faciles à implémenter dans le développement d’un jeu. Avec ces deux mécaniques, les développeurs facilitent déjà sensiblement la vie des personnes dotées d’un handicap moteur ou d’une déficience visuelle ! Mieux : y penser pendant le design de son jeu est un réflexe qui permettra d’autant plus d’appréhender la question avec simplicité, et offrir ainsi à un plus large scope de joueurs ce loisir qu’est le jeu vidéo.

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