Aux limites de l’innovation

Bill Gates, Jeff Bezos et Mark Zuckerberg peuvent-ils vaincre le changement climatique ?

 

Alors que les politiciens se querellent et négocient des compromis dans la recherche d’une solution viable pour lutter contre le changement climatique, une équipe de super-héros composée des géants de la technologie mondiale espère sauver la terre en soutenant les projets d’énergie verte de l’avenir.

Présentée lors de la COP21, la conférence des Nations Unies sur le climat, de Paris, la Breakthrough Energy Coalition (Coalition pour l’innovation énergétique) met en avant le simple fait que « la planète a besoin d’une source d’énergie largement disponible, fiable, économique et qui ne produit pas de carbone ».

Cette coalition est appuyée par des personnalités telles que Bill Gates, Richard Branson, Jeff Bezos, le dirigeant d’Amazon, Mark Zuckerberg, le dirigeant de Facebook, Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, Hasso Plattner, le président de SAP, et Marc Benioff, le PDG de Salesforce.com. Tous de brillants entrepreneurs qui n’ont jamais attendu que le changement arrive, mais qui l’ont provoqué. L’enjeu ne pourrait être plus important.

Le réchauffement de la planète cause de graves catastrophes, comme des sécheresses et de mauvaises récoltes.
Mais il provoque également des changements climatiques d’une telle ampleur qu’ils représentent une terrible menace pour les écosystèmes.

« La consommation énergétique mondiale actuelle aura augmenté de 50 % d’ici 50 ans », déclare Bill Gates, l’ex-PDG de Microsoft. « Cela devrait être une bonne nouvelle, notamment pour les populations les plus démunies, car de nos jours, plus d’un milliard de personnes vivent sans avoir accès aux services énergétiques de base.

Toutefois, l’augmentation de la demande mondiale en énergie représente également un défi, puisque la majorité de notre énergie est issue d’hydrocarbures, qui émettent des gaz à effet de serre et entraînent des changements climatiques. Aussi, nous devons effectuer une transition vers des sources d’énergie économiques, fiables et qui ne produisent pas de carbone », a-t-il ajouté.

Ainsi, la mission de la COP21 consiste à trouver un accord entre les 195 pays participants sur un véritable plan d’action pour réduire les émissions de carbone. L’objectif fixé par la conférence est de limiter le réchauffement climatique à 2 °C. Pour l’atteindre, il faudrait que la production énergétique mondiale provienne en plus grande quantité de sources renouvelables, telles que l’énergie éolienne et solaire. Mais cette mesure seule ne suffirait pas.

Les technologies vertes actuelles doivent gagner en efficacité, être adaptables à différentes échelles, et coûter significativement moins cher.

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La Coalition pour l’innovation énergétique a décidé de financer des entreprises audacieuses et innovantes dans le secteur de l’énergie, ainsi que des projets d’énergie verte.

Le problème, comme le souligne la Coalition, réside dans « le système de recherche fondamental actuel, les investissements en énergie verte, les cadres réglementaires et le fait que les subventions ne permettent pas de stimuler des investissements suffisants en faveur de solutions énergétiques véritablement innovantes ». « Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que le système change à travers les cycles habituels », constate la Coalition.

C’est pourquoi elle prévoit d’investir dans les idées que les investisseurs et les sociétés de capital-risque traditionnels jugeraient trop risquées. Le but serait d’exporter ces idées hors des laboratoires pour les développer activement dans des secteurs tels que la production, le stockage et le transport d’énergie, ainsi qu’en matière d’efficacité du système énergétique.

« Nous ne serons jamais capables d’accomplir d’importants progrès sur les autres questions, comme l’éducation ou le rapprochement mondial, si nous ne disposons pas d’une source d’énergie durable et d’un climat stable », a déclaré Mark Zuckerberg sur sa page Facebook. « Pourtant, les avancées en matière d’énergie durable sont encore trop lentes, et le système actuel n’encourage pas les innovations qui nous permettraient d’atteindre cet objectif plus rapidement », a-t-il ajouté.

La Coalition pour l’innovation énergétique s’est également dotée d’une mission : stimuler le changement et favoriser la transition vers le mode de production énergétique dont la planète a besoin pour survivre. Vu les conséquences potentielles d’une augmentation de 2 °C de la température mondiale (élévation du niveau de la mer, pénuries d’eau douce, catastrophes météorologiques et pertes de récoltes), l’industrie de la technologie ne pouvait s’attaquer à un défi plus important. — Dean Evans (@evansdp)

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