Innovation technologique

AIVA : l’IA qui compose de la musique classique

La recherche en intelligence artificielle ne cesse de faire des bonds technologiques en avant. Aujourd’hui, il est possible de consulter sur le web le travail de Aiva, cette IA d’une start-up française capable de composer seule des pièces de musique orchestrale.

 

Créer dans le style des plus grands compositeurs

« Et s’il était possible de terminer les morceaux inachevés de musique classique les plus emblématiques ? » C’est la question que s’est posé Pierre Barreau, ingénieur informaticien et compositeur. En créant Aiva et la société Aiva Technologies, l’homme espère répondre à cette attente en respectant « le style et le génie » des compositeurs qui n’ont pu terminer leurs œuvres.

De ce projet ambitieux est donc née l’intelligence artificielle Aiva, en février 2016. Destinée à devenir capable de créer de l’art avec la même sensibilité émotionnelle qu’un être humain. Avec l’aide de son frère Vincent Barreau et Arnaud Decker, il lance cette nouvelle start-up qui base l’essentielle des capacités de Aiva sur la technologie du « deep learning », cette méthode d’apprentissage automatique fondée sur des modèles de données. Dans ce cas précis, Aiva apprend la composition de la musique classique occidentale en analysant des œuvres existantes.

 

 

Les premières compositions de Aiva

Très rapidement, l’intelligence artificielle commence à produire ses propres musiques. Sa première composition sort le 8 février 2016. Il s’agit d’un solo pour piano d’une durée de 2 minutes, qui montre déjà tout le potentiel de la machine à créer un thème musical et à le développer.

Mais cette petite ritournelle n’est qu’un début. Après plusieurs mois d’apprentissage, Aiva créé près d’une vingtaine d’opus de solo pour piano. Elle compose ensuite sa première pièce symphonique : Le Réveil, en sol dièse mineur, qui est diffusée sur le web le 13 juillet. En septembre, l’intelligence artificielle sort son premier album intitulé Genesis. Il regroupe ainsi les premières œuvres de la machine, pour piano et orchestre, jouées par des humains de chair et d’os.

 

« AIVA ne remplacera pas les musiciens »

Après la sortie de cet album, le créateur de Aiva Pierre Barreau revient sur ces premiers mois d’expérience très enrichissante. « Notre vision de la création de Aiva et notre volonté de la rendre capable d’atteindre le génie de Mozart ou Beethoven relève de la science fiction pour certains », explique-t-il dans un billet. « Mais récemment, Aiva a acquis le statut de compositeur dans la société de musique SACEM, un exploit que beaucoup d’artistes pensaient impossible à réaliser pour au moins une autre décennie. Cette réalisation ne signifie pas qu’Aiva remplacera les musiciens, et nous continuerons à encourager les collaborations entre l’homme et la machine. »

L’ambition d’une telle création reste toutefois suffisamment remarquable pour être soulignée, et marque probablement le début d’une longue série de nouvelles intelligences prêtes à apporter leur pierre au monde de l’art.

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