Aux limites de l’innovation

5 nouvelles à propos de l’Intelligence Artificielle

Pas une semaine ou presque sans que l’Intelligence Artificielle ne fasse la Une. Il faut dire qu’en la matière, chaque avancée significative paraît servir de tremplin à la suivante. Voici cinq nouvelles qui concernent ce passionnant domaine.

 

Des IA qui comprennent mieux que les humains

Deux Intelligences Artificielle viennent de surpasser coup sur coup les humains dans un test de compréhension de texte. Connu sous le nom de Stanford Question Answering Dataset, ce questionnaire comporte plus de 100 000 paires de questions réponses, issues de 500 articles portant sur divers domaines. Là où un humain obtient, selon un système de notation particulier, un score de 82 304, une IA développée par Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne, est arrivée à 82 440. Peu de temps après, un nouveau record de 82 650 a été établi par R-NET+, le réseau neuronal de Microsoft Research Asia. Ça se confirme, les IA évoluent plus rapidement que nous…

 

 

Le manuscrit de Voynich bientôt décrypté ?

Depuis sa découverte dans un monastère italien en 1912, personne n’avait réussi à déchiffrer ce manuscrit du XVe siècle. Abondamment illustré, le codex semble aborder en près de 250 pages les sciences et la biologie. La langue du texte, ainsi que les illustrations, bien que précises, ressemblent à rien de connu, ce qui en fait le plus grand cryptogramme au monde.

Un coin du voile vient d’être soulevé par Greg Kondrak et Bradley Hauer, deux informaticiens de l’université d’Alberta (Canada). Partant de l’hypothèse que le texte était formé de mots réels dont les lettres avaient été mélangées (alphagrammes), ils ont entraîné une IA à reconnaître près de 400 langues. Cette dernière a pu déterminer que le texte, une fois décrypté, était formé de 80% de mots hébreux.

C’est une autre IA, celle de Google traduction, qui a pu déchiffrer le début du texte. La première phrase en serait : « Elle a fait des recommandations au prêtre, à l’homme de la maison, à moi et aux gens ». Dans la section regroupant ce qui semble être des planches botaniques, des mots comme « agriculteur », « lumière », « air » et « feu » ont pu être isolés. Reste maintenant à présenter les résultats à des spécialistes de l’hébreu du moyen-âge afin de confirmer qu’il ne s’agit pas d’une surinterprétation de l’IA.

Que les amateurs de mystère se rassurent, il faudra ensuite découvrir la finalité de cet ouvrage et déterminer à quoi ses illustrations font référence… Le manuscrit peut être consulté et téléchargé ici.

 

 

Allô, les urgences ?

Au Danemark, une startup met au point une IA experte destinée à accélérer le traitement des appels téléphoniques aux urgences. Baptisée Corti, l’IA est destinée à faciliter le travail des répartiteurs, chargés d’orienter les appels vers le bon service médical.

Pour arriver à ce résultat, on a préalablement « nourri »  l’IA en lui présentant des centaines d’appels téléphoniques ainsi que les diagnostics avérés qui en avaient découlé.
En analysant les mots employés, lesquels reviennent statistiquement, ainsi que les sons d’ambiance, Corti est ainsi capable de reconnaître qu’un appel concerne une crise cardiaque dans 93% des cas, là où un répartiteur humain ne le fait que dans 73%.
Grâce au deep learning (apprentissage profond), Corti va continuer à apprendre afin de pouvoir traiter des cas de figure de plus en plus divers et gagner en précision.

 

 

Soupe aux lentilles

Lorsqu’un corps céleste particulièrement massif – par exemple un amas de galaxies-, s’interpose entre une importante source lumineuse (quasar, autre galaxie, etc.) et un observateur, il se produit un phénomène appelé lentille gravitationnelle, ou encore mirage gravitationnel.
Les rayons lumineux, déviés par la présence de ce corps, apparaissent déformés, voir multipliés, à la périphérie de l’obstacle. Le repérage et l’observation du phénomène sont donc complexes. Les universités de Groningen, Naples et Bonn ont entraîné un réseau neuronal à reconnaître des millions d’images de lentilles gravitationnelles précédemment découvertes.

Le procédé semble porter ses fruits et l’IA astronome devrait rapidement épauler ses collègues humains. C’est la même technique d’apprentissage qui est utilisé par Google et DeepMind pour apprendre à AlphaGo AI à jouer au Go, ou encore par Tesla pour ses voitures sans pilote.

 

 

Art, Design et Intelligence Artificielle

Afin d’interroger la façon dont les IA pourraient prendre place dans la société, le Laboratoire Arts & Technologies de Stereolux à Nantes a mené un projet appelé « utop/dystop(IA) ». Après consultation d’experts, y ont été imaginés des objets, des services fictifs, destinés à servir de support à réflexion et discussion. Même si l’imagination était au pouvoir, ce « design fiction » reposait sur des bases concrètes. Comme l’explique une participante dans la vidéo, imaginer un monde de robots intergalactiques ne suffit pas à conduire une réflexion. Pour cela, il faut imaginer la notice d’utilisation fictive, mais précise, de ces robots.

 

Cyrille Baron

 

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