2018, l’année de la réalité virtuelle sans fil ?

Alourdie depuis ses débuts par des câbles aussi encombrants que nécessaires, la réalité virtuelle s’apprête à couper le cordon. Alors que des annonces de casques sans fil ont été faites au CES, il reste à savoir comment ces nouveaux accessoires et appareils vont influencer les pratiques de la réalité virtuelle grand public.

 

Quand on est plongé dans un univers virtuel à 360°, les sensations sont généralement au rendez-vous… jusqu’à ce qu’on se prenne les pieds dans un câble ! Cette situation, n’importe quel utilisateur de VR l’a déjà rencontrée, et les constructeurs savent depuis longtemps que cela empêche une immersion totale. Pour autant, jusque-là, difficile de passer à côté du câble, qui permet à la fois d’alimenter le casque et de le brancher à l’ordinateur. Car un HTC Vive ou un Oculus Rift n’est finalement rien de plus qu’un écran à 360°de plus…

 

Du sac à dos à l’adaptateur sans fil

Evidemment, les casques de VR sans câble existent depuis plusieurs années : ce sont ceux dans lesquels on glisse un smartphone pour utiliser la puissance de ce dernier à l’intérieur. Cette alternative, bien que moins performante qu’un ordinateur musclé, permet d’avoir un aperçu d’une VR « libre ». Néanmoins, cet usage est très limité : il n’y a pas de repères dans l’espace, et peu de moyens de s’immerger totalement dans un environnement virtuel. Non : la vraie solution doit venir d’ailleurs.

Dès 2016, des constructeurs informatiques ont cherché à résoudre le problème de la VR câblée, qui verrouille l’utilisateur à moins de trois mètres de son PC. MSI, par exemple, a développé le MSI VR One, un sac à dos embarquant un ordinateur suffisamment puissant pour gérer de la réalité virtuelle. Le casque est toujours câblé, mais comme le joueur transporte son PC sur son dos, il peut aller où il veut. Problème ? C’est très cher (plus de 1500 euros au minimum !) c’est lourd, et l’autonomie est limitée.

MSI sac à dos VR
MSI sac à dos VR

La même année, ZOTAC a dévoilé son propre sac à dos, le VR Go. Au programme, un poids de 5 kg, une autonomie comprise entre 1 et 2 heures, et un tarif annoncé de près de 2000 euros. Inutile de dire que pour le grand public, ce genre d’accessoires est inabordable.

Comme transporter un PC sur son dos semble être une démarche compliquée, d’autres constructeurs ont cherché une autre solution. TPCast a notamment coupé l’herbe sous le pied d’HTC, en dévoilant, en 2017, un adaptateur sans fil pour le Vive. Grâce à un système de transmission sans fil branché sur le casque et situé au sommet de la tête du joueur, l’accessoire envoi, à un autre récepteur branché sur l’ordinateur, les signaux nécessaires à son fonctionnement. Plutôt convaincant, le TPCast Wireless Adaptor for Vive a néanmoins un inconvénient de taille : son prix, fixé à 350 euros. C’est presque le prix d’un casque de réalité virtuelle aujourd’hui.

 

Oculus, HTC, Intel… tout le monde s’y met

Il aura fallu attendre le CES 2018, qui s’est tenu en janvier dernier à Las Vegas, pour que les grandes entreprises du secteur de la VR ne dévoilent concrètement leurs plans. A commencer par Oculus, qui a dévoilé l’Oculus Go, un nouveau casque de réalité virtuelle sans aucun fil. Ce casque ne nécessite pas d’être relié à un ordinateur ou à un smartphone pour fonctionner : il est totalement autonome et dispose de sa propre manette. Avec plus de 1000 applications prévues pour son lancement, dans les prochaines semaines, il devrait permettre d’explorer des mondes virtuels sans entraves, pour environ 200 euros.

Oculus Go
Oculus Go

Du côté d’HTC, une promesse similaire a été réalisée avec le HTC Focus, là aussi sans fil. Il est intéressant de constater que les casques des deux entreprises sont similaires dans la proposition d’offrir une immersion sans fil, en toute autonomie. Dans les deux cas, des capteurs sont intégrés aux casques, ce qui évite de devoir en installer chez soi pour se positionner dans l’espace.

 

Mais du côté d’HTC, c’est loin d’être la seule nouveauté annoncée : l’entreprise a dévoilé le HTC Vive Pro, une version 1.5 de son casque filaire avec une nouvelle définition d’écran (2880 x 1600 pixels), une ergonomie améliorée ou encore l’intégration d’un casque audio. L’annonce de ce casque a été complétée par celle du Vive Wireless Adapter, un accessoire qui permet de se passer des câbles aussi bien pour le HTC Vive Pro que pour le HTC Vive standard.

Cet appareil, conçu par HTC en partenariat avec Intel, utilise la norme WiGig qui utilise une bande de fréquence de 60 Ghz. L’objectif est de proposer une latence minimum, idéalement inexistante, entre les mouvements réels et virtuels. C’est l’une des conditions sine qua non pour pouvoir se passer de câbles : il ne sert à rien de ne plus avoir d’entraves si on a l’impression de « laguer » durant une expérience en VR !

HTC Vive Pro
HTC Vive Pro

 

Une course à l’innovation à prévoir

2018 devrait donc bien être l’année où la réalité virtuelle va couper le cordon : toutes ces annonces concernent des appareils qui vont sortir cette année. Et ce n’est sans doute pas terminé : maintenant que les bases sont posées, les nombreux acteurs du marché vont vouloir faire mieux que la concurrence. Et si Sony s’y mettait aussi, avec son PlayStation VR ? Qui sait !

On peut également retenir un point important : si les principaux constructeurs annoncent de nouveaux casques sans câbles, les premiers modèles câblés ne sont pas délaissés. En plus du Vive Wireless Adapter de HTC, la marque chinoise TPCast a annoncé qu’elle travaillait actuellement sur une nouvelle version de son module, qui sera également utilisable avec l’Oculus Rift. C’est une excellente nouvelle pour les adeptes de la première heure, qui n’auront pas besoin de faire l’acquisition d’un nouveau casque pour profiter du sans fil. 2018 s’annonce comme une année riche en émotion… et en immersion !

Adaptateur TP Cast
Adaptateur TP Cast

Audrey Oeillet

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