Aux limites de l’innovation

Un bras bionique inspiré de Metal Gear Solid

À l’occasion de la BodyHacking Conference 2016 qui se déroulait du 19 au 21 février au Texas, The Phantom Limb Project a présenté une prothèse bionique inspirée de l’univers du jeu Metal Gear Solid. Fruit d’une collaboration entre le studio Konami, éditeur du jeu, la société Open Bionics et une célèbre créatrice de prothèses, le résultat a de quoi faire pâlir d’envie les amateurs de SF.

James Young
James Young

 

Le monde de la série prolifique Metal Gear n’a pas été choisi au hasard : peuplé de soldats génétiquement modifiés et de robots bipèdes, le jeu propose un univers esthétiquement très marqué par l’innovation technologique. Plus spécifiquement, le concept du bras artificiel est pensé à partir des idées développées dans Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, le dernier épisode sorti en 2015. « Nous avons voulu raconter une histoire humaine qui parlerait de ce que c’est que d’être amputé (…) de devoir surmonter une perte, et comment la technologie peut changer notre perception de l’invalidité. » explique Su-Yina Farmer sur le blog du projet

La prothèse est inspirée du bras bionique du personnage de Big Boss.
La prothèse est inspirée du bras bionique du personnage de Big Boss.

The Alternative Limb Project : créer des prothèses uniques et personnalisées

La partie créative du projet, c’est Sophie De Oliveira Barata, artiste spécialisée dans la création de prothèses originales qui l’assume. Pour la créatrice qui a commencé son activité comme plasticienne FX au cinéma, il n’y a pas de limite dans la conception des membres artificiels : les prothèses peuvent être réalistes à s’y méprendre, ou au contraire imaginées comme de véritables accessoires de mode à changer au gré de ses envies. L’exemple le plus original demeure la collection impressionnante de jambes gauches conçues par l’artiste pour la chanteuse pop Viktoria Modesta, visibles dans son clip « Prototype »

 

 

Ainsi, chaque personne est étudiée au cas par cas : qu’il s’agisse d’anciens soldats, d’athlètes paralympiques ou de personnes qui ont fait le choix de l’amputation car leur handicap était trop contraignant, le but est de rétablir l’estime de soi et la confiance en son propre corps. Pour cela, la prothèse peut aussi refléter la personnalité et les goûts de la personne…

La prothèse de Ryan Seary conçue par Sophie et Eduardo De Oliveira Barata est un savant mélange de science-fiction et de réalisme.
La prothèse de Ryan Seary conçue par Sophie et Eduardo De Oliveira Barata est un savant mélange de science-fiction et de réalisme.

Pour que The Phantom Limb Project voie le jour, il fallait donc trouver le candidat parfait. Car cette fois, l’idée de s’inspirer du jeu Metal Gear Solid pour créer un bras artificiel est née indépendamment de toute étude de cas particulier. Les critères ? Un joueur passionné, imaginatif et ouvert à l’expérimentation, éprouvant un certain goût pour l’esthétique futuriste…

C’est en James Young que l’équipe a trouvé le porteur idéal : ce gamer avide de nouvelles technologies a subi une amputation des suites d’une chute sur les rails d’un train. Sa prothèse en plastique, il la trouve trop lourde, peu malléable ni esthétique : en un mot, il ne la porte jamais.

« On ne pourra jamais lui rendre le bras qu’il a perdu, mais peut-être qu’on peut créer quelque chose qui serait un peu plus « lui », quelque chose qu’il pourrait voir comme une extension de corps et qu’il serait fier de montrer… » explique Su Yina Farmer, porteuse du projet.

 

La prothèse de James : un chef d’œuvre robotique

Il est peut-être de très mauvais goût de parler de cyborg ou d’homme augmenté à une personne qui porte une prothèse. Dans le cas particulier du Phantom Limb Project, il s’agit d’un idéal vers lequel tendre. Sophie Oliveira Barata a fait appel à la société Open Bionics, elle-même associée au plus grand laboratoire de robotique de Grande Bretagne, afin de rendre la future prothèse de James entièrement bionique. La société est connue, entre autres, pour concevoir des bras bioniques imprimés en 3D et pour œuvrer à les rendre accessibles financièrement.

Le défi concernant la prothèse de James consistait à concevoir un système compatible avec un bras artificiel lui-même conçu par une autre équipe de designers. Par ailleurs, de nouvelles techniques ont dû être développées par les ingénieurs pour offrir un contrôle de la main à partir des contractions des muscles de l’épaule.

Le résultat est concluant : James peut ouvrir sans difficulté la paume de sa main, serrer le poing, pincer ou lever le pouce.

 

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