Innovation technologique

Snapkin, un an après son passage au CES

Nous avions évoqué la participation de Snapkin au CES 2015. Né à Nîmes et installé depuis à Montpellier, Snapkin a développé un robot métreur qui conçoit des plans d’architecte et des modèles 3D de projets d’intérieur. Placé au milieu de la pièce, le robot effectue les mesures et produit une modélisation 2D ou 3D. En 2014 déjà, les deux co-fondateurs, Jérémy Guillaume et Damien Dous, avait reçu le prix Pépite « Entrepreneuriat Etudiant » du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Puis dans la foulée, ils ont participé au CES 2015 avec l’aide de Mission CES 2015. Un an plus tard, Jérémy Guillaume tire un bilan : « Oui, le jeu en vaut la chandelle. »

 

Que vous a apporté le CES ?

Nous sommes revenus avec beaucoup de contacts professionnels, certains internationaux comme Huawei et la chaine américaine Target et d’autres français comme Leroy Merlin et Saint-Gobain. Nous nous sommes rendus compte que, même à l’étranger, on a tendance à rencontrer des interlocuteurs de son propre pays. De toutes façons, c’est difficile de travailler avec des partenaires étrangers si on n’a pas d’adresse locale dans le pays. Nous avons pris 120 contacts au CES, dont 5% ont abouti à des partenariats ou des clients.

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Avec Leroy Merlin et Saint-Gobain, qu’ont donné les contacts ?

On travaille avec Saint-Gobain. Depuis un an, ils étudient notre solution en faisant des comparatifs dans leur centre de R&D afin de pouvoir l’utiliser sans personnalisation. Pour Leroy Merlin, je ne peux pas trop en parler…

 

Au-delà de ces contacts, quel est l’intérêt d’aller à Las Vegas ?

La visibilité dans la presse a débouché sur des contacts, principalement avec des géomètres, et des signatures clients. Je dirais aussi que cela nous a beaucoup apporté sur la réflexion sur l’international. Il faut avoir une méthodologie, bien connaître les différentes cultures et savoir s’adapter. Nous nous sommes rendus compte que c’était trop tôt pour nous. C’est pourquoi nous n’avons pas cherché à aller à CES cette année. Peut-être en 2017…En fait, il y a un paradoxe car il ne faut pas que le produit soit trop développé, mais il faut bien avoir un prototype.

 

Logistiquement, comment vous étiez-vous préparés ?

Nous avions été contactés par l’ambassade et aussi par des entreprises privées pour nous aider. La cellule de développement économique de la région a financé une grosse partie du déplacement et le coaching par Mission CES nous a beaucoup aidés. Ca prend plusieurs mois de préparation et la logistique est très complexe.

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Un regret ?

Nous n’étions que deux et nous n’avons pas eu assez de temps pour aller faire le tour ce qui aurait été intéressant pour faire de la veille et voir nos concurrents ou partenaires.

 

Quel est votre bilan global de CES?

Le jeu en vaut la chandelle. C’est une expérience à faire pour toute jeune Start-up. Il y a le business, mais aussi le plaisir qu’on prend dans ce qu’on fait. Je garde en souvenir la soirée avec Axelle Lemaire et Emmanuel Macron. Cela nous relie avec les autres entrepreneurs français. Dans notre entourage, nous avons vu des entreprises qui avaient concrétisé très vite, par exemple en ouvrant un bureau à New York un mois après le CES.

 

Un point global sur Snapkin aujourd’hui ?

Cela fait trois mois que nous commercialisons notre produit en France, avec de bons retours sur le gain de temps. Les utilisateurs nous disent qu’ils gagnent environ 40% de temps sur les plans 2D et 3D. Aujourd’hui, nous sommes huit en CDI et pensons être une quinzaine à la fin de l’année. Nous avions clôturé une levée de fonds juste avant le CES et nous sommes en train de lancer une nouvelle levée de fonds de 1,5 million d’euros pour assurer notre croissance. Un de nos projets s’est fait avec Intel : nous avons testé leur technologie RealSense sur tablette. Cela permettrait de baisser le coût de notre produit et de le rendre plus grand public.

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En fait, nous avons effectué un pivot. L’aspect matériel de notre produit a été temporairement mis de côté. Nous nous concentrons sur l’aspect logiciel qui reste complexe à traiter même pour un professionnel. Nous automatisons donc la reconnaissance de murs, portes, fenêtres, sols et plafonds dans ces données (via notamment de la reconnaissance d’objet dans l’image / machine learning). Cela se passe via une interface web qui gère l’ensemble du processus. Nous travaillons aussi dans le domaine de l’immobilier pour effectuer des plans Loi Carrez et de la visite virtuelle 3D.

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