Aux limites de l’innovation

Robotique : de Star Wars au réel

Difficile, lorsqu’on regarde un film Star Wars, de ne pas s’attacher aux différents droïdes qui en jalonnent l’histoire. Si C-3PO et R2-D2 restent des figures emblématiques, la sortie de Star Wars : le réveil de la Force a introduit un nouveau « visage » robotique, le désormais célèbre BB-8. Mais les films nous permettent de croiser toutes sortes de robots, du chasseur de primes (IG-88) au robot médical (2-1B) en passant par les droïdes de combat (3B3-888, 3B3-1204, 8EX), les droïdes de protocole (C-069, E-10), astromécanos (X2-C3) ou assassins (C-3PX, ASN-121). Bref, au risque de paraphraser un célèbre slogan, si vous pensez à une occupation ou un besoin, « il y a un droïde pour ça » !

BB-8
BB-8

Robots du réel

Dans le cadre de la mythologie imaginée par George Lucas, cela ne nous pose aucun problème. Néanmoins il est toujours amusant de confronter l’imaginaire à la réalité, d’autant que la robotique est en constante progression depuis quelques années : NAO, robot humanoïde français, autonome et programmable, développé par la société Aldebaran Robotics ; le robot d’accueil Actroid-DER ; TOPIO, un robot humanoïde jouant au ping-pong ; ou le robot assistant Enon sont autant d’exemples de créations actuelles de robots humanoïdes, pour la plupart, capables remplir différentes tâches, de la plus pratique au simple divertissement.

NAO
NAO

Peut-on alors envisager de voir apparaître des C-3PO, BB-8 et autres R2-D2 dans les années à venir ? À en croire Jean Bertrand, du service robotique d’exploration planétaire du Centre national d’études spatiales (CNES), l’idée est loin d’être farfelue : « C-3PO et R2-D2 pourraient voir le jour dans notre réalité. En fait le problème principal qui se pose est celui de la source d’énergie. Au regard du gabarit de ces robots, nous ne pourrions pas assurer plus de quelques heures d’autonomie. Et je ne parle même pas de BB-8 dont le système de propulsion est aussi complexe qu’inefficace. C’est un délire designer ! » S’ajoute que la conception même de ces robots est totalement incohérente avec les actions qu’ils mènent (arpenter un désert, traverser une forêt…). Difficile dans ce cas d’aller explorer Mars à pied ou une quelconque planète désertique à deux soleils !

 

Robots de fiction ?

Brett Kennedy, roboticien au Jet Propulsion Laboratory qui collabore étroitement avec la NASA, confirme lui aussi que « nous possédons la technologie pour créer des robots de ce type. D’ailleurs les robots de la NASA Valkyrie et Robonaut évoquent sans peine C-3PO. Nous avons même des systèmes humanoïdes qui surpassent les capacités du droïde protocolaire. Si on prend le cas de R2-D2, qui a ma préférence, la majorité des tâches qu’il peut accomplir sont déjà couvertes par nos robots. Concernant BB-8, la physique ne fonctionnerait tout simplement pas ». Bref la NASA possède déjà ses droïdes « star warsiens », mais ne voit pas l’intérêt de travailler davantage le look au détriment des compétences effectives. « Nous ne cherchons pas à faire des machines qui ressemblent à des humains, confie Pierre Bousquet, responsable des projets de planétologie au CNES. Ça ne nous sert à rien de leur donner un look ». Et pourtant les dernières versions de certains modèles ont un visage étrangement humain…

Robonaut NASA
Robonaut NASA

Si recréer C-3PO n’est pas une priorité, la NASA, avec son programme Space Robotics Challenge, vise à améliorer Valkyrie afin de le rendre plus autonome pour qu’il puisse mener une mission sur Mars. « La NASA va probablement envoyer des robots sur Mars avant d’envoyer des hommes, explique Nicolaus Radford, chef de projet au laboratoire de robotique de la NASA. Ces robots vont ouvrir la voie aux explorateurs humains et travailler en étroite collaboration ensemble. »

C-3PO & R2-D2
C-3PO & R2-D2

Au final le droïde de Star Wars qui apparaît le plus crédible aux yeux des spécialistes de la robotique actuelle reste donc C-3PO, dont les capacités et caractéristiques (traduction, aspect humanoïde, langage machine…) seraient les plus pratiques, tandis que sa construction est crédible. Et puisque nous parlons de langage, il subsiste une question – amusante au demeurant – pourquoi les robots de Star Wars perdent-ils du temps à « verbaliser » entre eux, là où des connexions sans fil seraient bien plus efficaces et directes ? Sans doute parce que c’est moins photogénique !

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