Aux limites de l’innovation

La réalité virtuelle débarque au cinéma

Alice Darelle Writer

Petit à petit, le cinéma met au placard la 3D… La technologie qui a beaucoup fait parler d’elle n’a jamais su convaincre les spectateurs qui ne voulaient ni payer plus cher, ni voir un film souvent dégradé par le traitement 3D, plus sombre et moins net. Aujourd’hui, c’est la réalité virtuelle qui est sur toutes les lèvres et c’est sans surprise que le cinéma s’y intéresse de plus en plus près !

 

Bien avant d’être une technologie adaptée aux jeux vidéo et à d’autres applications personnelles et professionnelles, on peut dire que la réalité virtuelle est née du cinéma. En effet, les films en 360 degrés préfiguraient déjà une expérience d’immersion plus complète du spectateur. Seulement voilà, les équipements pour tourner ces films étaient aussi rares que chers et les salles circulaires pour les diffuser se comptaient sur les doigts d’une main — en France, on pense à celle de la Villette et à celle du Futuroscope.

Aujourd’hui, la réalité virtuelle a résolu tous ces problèmes. Les caméras non professionnelles pour capturer des films en 360 degrés ne sont plus si chères et leurs équivalentes professionnelles peuvent être acquises par des productions sans trop de frais. Le documentariste anglais David Attenborough en a d’ailleurs déjà fait l’un de ses jouets de prédilection, monté sur un drone afin de capturer les moindres mouvements des oiseaux.

Gear 360 de Samsung
La Gear 360 de Samsung est une caméra 3D grand public au prix de 350€.

 

 

Des salles qui s’équipent pour la réalité virtuelle

Côté lecture, c’est à peu près le même constat : un particulier peut profiter d’une expérience à 360 degrés avec un simple smartphone et un Cardboard. Les casques les plus onéreux, HTC Vive ou Oculus Rift, ne sont pas inaccessibles et une salle de cinéma peut tout à fait en acheter plusieurs : c’est toujours moins cher que tous les projecteurs 3D qui ont dû être achetés par le passé.

En mai dernier, les salles IMAX annonçaient aux États-Unis qu’elles ouvriraient des séances spécialement dédiées à la réalité virtuelle. Les casques proposés par l’entreprise Starbreeze seront utilisés, d’après Richard Gelfond, directeur général d’Imax, pour diffuser des courts-métrages en rapport direct avec les longs-métrages proposés dans le cinéma. On peut déjà imaginer, par exemple, voir l’un des fameux courts de Pixar en réalité virtuelle et le film en lui-même sur un grand écran.

 

Le cinéma 360° : pour quel type d’expériences ?

Si tout semble donc réuni pour faire de la réalité virtuelle un nouveau médium du cinéma contemporain, reste à convaincre des réalisateurs et des producteurs de tourner ce genre de contenu. C’est précisément ici que deux tendances se dessinent. La première, c’est celle du cinéma à 360 degrés permis par les casques de réalité virtuelle. Ici, le spectateur est passif, son point de vue ne bouge pas et il regarde l’action se dérouler autour de lui. Si cette approche est plus simple à réaliser, elle présente quelques désavantages : si la caméra bouge alors que le corps reste fixe, une sensation de nausée ou une migraine peuvent se déclencher. De même, il ne s’agit pas d’un nouvel outil pour le réalisateur qui a simplement plus d’angle de vue pour ses plans.

La deuxième approche est plus ambitieuse, plus innovante, mais aussi beaucoup plus difficile à mettre en place. Elle implique que le spectateur ne soit plus passif, mais actif dans le film. Comme une sorte de personnage omniscient, il peut se déplacer dans les environnements, altérer la narration ou l’anticiper. Il s’agit véritablement d’un autre médium, proche du jeu vidéo. Le film en réalité virtuelle La Péri a bien compris ces nouveaux codes en plongeant le spectateur, actif, dans un univers qu’il ne contrôle pas, mais dans lequel il ne se sent pas du tout étranger.

 

 

Des productions déjà en cours !

Côté réalisateurs, Steven Spielberg est déjà en train de travailler sur un film aux côtés du spécialiste des effets spéciaux Robert Stromberg, avec sa compagnie VRC, dédiée entièrement à la réalité virtuelle. Le fondateur de la société affirme être en train de convaincre des grands noms du cinéma et des indépendants de laisser sa chance à ce nouveau mode de narration visuelle.

The Virtual Reality Company promet des images extraordinaires !
The Virtual Reality Company promet des images extraordinaires !

 

De son côté, la prestigieuse BAFTA, l’Académie Britannique des Arts télévisuels et cinématographiques a créé un groupe de réflexion pour travailler sur la réalité virtuelle et créer de nouvelles initiatives mettant en scène cette technologie, soulignant son importance dans la production filmée future.

Tout cela sans parler d’Oculus qui a ouvert, lui aussi, son propre studio de production cinématographique en réalité virtuelle et dont les premières réalisations, d’après les chanceux qui ont pu les voir, seraient bluffantes… à suivre !

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