Aux limites de l’innovation

La réalité augmentée s’expose au musée

Detroit Institute of Arts

La réalité augmentée est loin d’être un gadget comme le montrent de nombreuses expérimentations, au musée par exemple ! Et son utilisation est une véritable valeur ajoutée pour ces institutions et bien sûr les visiteurs.

 

La réalité augmentée permet de compléter le parcours classique du visiteur avec des informations inédites, ou complémentaires de dispositifs déjà disponibles sur place. Elle vient s’ajouter aux audioguides ou aux fiches descriptives et apportent de nouvelles informations qui permettent de visualiser ce qui n’est pas ou ce qui n’est plus. Elle ajoute une touche ludique à la visite sans encombrement des lieux ce qui peut se révéler particulièrement judicieux pour le jeune public ou le public scolaire. Elle permet également parfois d’exposer des œuvres trop fragiles pour être visibles hors des réserves ou qui n’ont pas pu être prêtées par des musées tiers ou des collections particulières.

« Les musées peuvent être des grands professeurs : art, science, culture et histoire naturelle, ils éduquent et nous inspirent. Pourtant, les contenus de médiation textes, audio et multimédia ne peuvent se diffuser facilement. Et si vous pouviez découvrir les musées d’une manière différente ? » interroge Justin Quimby, Senior Product Manager Tango chez Google sur le blog de la société. Google soutient les initiatives mettant en œuvre la réalité augmentée dans les musées comme c’est le cas depuis fin janvier au Detroit Institute of Arts, un important musée américain, notamment connu pour sa collection archéologique. Le projet baptisé Lumin mêlant réalité augmentée et du mapping 3D est également soutenu par la plateforme GuidiGO.

Detroit Institute of Arts
Detroit Institute of Arts

Une visite innovante du Detroit Institute of Arts

Le musée propose ainsi une expérience innovante à ses visiteurs à qui sont prêtés des smartphones équipés de la technologie de réalité augmentée Tango développée par Google. Equipés de cet appareil, les visiteurs peuvent visualiser par exemple une vue aux rayons X du squelette de la momie placée à l’intérieur d’un sarcophage dans la partie du musée consacrée à l’Égypte ancienne. Ils peuvent également découvrir les flamboyantes couleurs originelles de bas-reliefs venant d’un palais assyrien, alors que la sculpture exposée ne propose aujourd’hui que la pierre brute. Les visiteurs peuvent aussi se promener dans une reconstitution des portes de l’ancienne Babylone simplement en ciblant avec leur smartphone un mur du musée où sont exposés quelques fragments de la Porte d’Ishtar…

Sept expériences sont proposées aux visiteurs. Le musée prévoir d’en ajouter dans le courant de l’année en fonction des retours des utilisateurs et ainsi de pérenniser l’expérimentation.

« La réalité augmentée permet aux utilisateurs de voir l’invisible, d’imaginer les œuvres d’art comme elles ont été créées, de comprendre comment ces objets étaient utilisés et de plonger dans la vie quotidienne de ceux qui vivaient il y a des milliers d’années », explique Salvador Salort-Pons, directeur du Detroit Institute of Arts. « Ajouter ces nouvelles technologies à l’expérience du visiteur est particulièrement enthousiasmant ».

Detroit Institute of Arts
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D’autres musées ont tenté la réalité augmentée

C’est par exemple le cas du Musée d’Orsay l’année dernière qui a proposé de découvrir en réalité augmentée la toile « L’Atelier du peintre » de Gustave Courbet. Les visiteurs, équipés d’une tablette tactile, pouvaient voir l’œuvre se transformer à l’écran. Ils obtenaient ainsi les noms des 33 personnages du tableau, ainsi qu’une fiche plus complète sur chacun d’entre eux. Il était également possible de voir les résultats des scanners donnant accès aux couches mises à nues lors de la restauration du tableau. Enfin, des découpages et des loupes mettent en valeur certains détails. Si l’installation n’est plus physiquement disponible au Musée d’Orsay, l’application et le site prolonge l’expérience qui pourrait être installée en province dans le cadre d’une exposition itinérante…

Le MoMA a utilisé la réalité augmentée pour réaliser une « exposition virtuelle ». En effet, le musée avait dispersé des toiles virtuelles, invisibles à l’oeil nu pour les visiteurs, à travers les galeries de ses différents étages. Seuls les visiteurs équipés de smartphones et ayant préalablement téléchargé l’application dédiée pouvaient admirer ces œuvres à travers l’écran de leur appareil…

Le Musée McCord de Montréal a quant à lui développé Musée Urbain MTL permettant de remonter le temps tout en se promenant dans la ville. Elle permet de superposer les photos du réel d’une cinquantaine de bâtiments à celles de l’ancien Montréal. Les visiteurs peuvent également voir des photos prises à l’intérieur des bâtiments. Cette application en réalité augmentée vient ainsi compléter et prolonger l’exposition permanente « Montréal – Points de vue » proposée par le musée.

Detroit Institute of Arts
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Nathalie Bloch-Sitbon

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