Aux limites de l’innovation

Intelligences artificielles, créatrices de demain ?

Alice Darelle Writer

De plus en plus de chercheurs et d’artistes mettent à contribution les IA pour générer des œuvres nouvelles, surprenantes, drôles, poétiques… qualitatives ? Le futur nous donnera la réponse !

 

Le projet Magenta de Google : quand l’IA se met à la musique

Une intelligence artificielle peut-elle être créative ? Pour beaucoup, la réponse est évidente : la notion de créativité est liée, par essence, à l’activité humaine. Imagination, originalité, ingéniosité, sensibilité : tous ces termes que l’on attribue naturellement à l’homme pourraient-ils un jour qualifier le travail d’une machine ?

Magenta, c’est le nom du projet mis en place par Google pour tenter de répondre à cette question. Annoncé en mai dernier à l’occasion du Moogfest, festival de musique et de technologie, ce programme de recherche va élaborer des modèles d’apprentissage profond qui permettront de créer des œuvres. L’algorithme traitera un grand nombre d’oeuvres existantes dont il s’inspirera pour en créer de nouvelles. Juger de leur intérêt artistique, voilà l’étape la moins évidente !

Google a déjà partagé une première mélodie née de ce processus, qui est amené à s’améliorer au fil des recherches :

 

 

L’idée d’explorer le potentiel artistique de l’intelligence artificielle a pour origine Deep Dream, un programme capable de créer des images étonnantes à partir de photos classiques. Face à l’étonnement général des images surréalistes générées par le logiciel, Google a mis à disposition de tous le code capable de créer ces œuvres d’art… aléatoires.

Google deepdream
Image générée par Deep Dream à partir d’un extrait de Mad Max, Fury Road. Auteur : drkaugumon/Imgur

De la même façon, les algorithmes issus du projet Magenta seront mis à disposition du public sur GitHub.

 

Sunspring : Une intelligence artificielle écrit le scénario d’un court-métrage

« Dans un futur où règne le chômage de masse, les jeunes gens sont forcés de vendre du sang ». Tel est le pitch du dernier film d’Oscar Sharp, Sunspring, entièrement écrit par une intelligence artificielle. Le jeune réalisateur de court-métrages multi-primé s’est allié à Ross Goodwin, hacker, pour créer Benjamin, la première intelligence artificielle capable d’écrire des scénarios. La technique est toujours la même : l’IA s’imprègne de dizaines de scénarios de films existants – ici, de science-fiction – les analyse et s’en inspire pour créer son propre film.

Quant au résultat, Ross Goodwin explique : « Il y a des choses qui reviennent souvent dans Sunspring, quand les personnages disent : Non, je ne sais pas ce que c’est. Je n’en suis pas sûr. Ils questionnent l’environnement, ce qu’ils ont en face d’eux. C’est quelque chose de récurrent dans les films de SF où les personnages essaient de comprendre leur environnement ».

Le réalisateur a joué le jeu jusqu’au bout en tournant le film dans le cadre du festival Sci-Fi London qui propose un concours de court-métrages réalisés en 48 heures. Si les dialogues manquent clairement de cohérence, l’équipe de tournage a su en faire un film comique, notamment en attribuant le rôle principal à Thomas Middleditch, acteur principal de la série Silicon Valley.

 

Sunspring d'Oscar Sharp
« Il se tient dans les étoiles et assis sur le sol », parole d’IA !

Le jeudi 9 juin, le résultat a été dévoilé sur le site Ars Technica :

 

Un roman écrit par une IA à deux doigts de gagner un prix littéraire

Le Jour où un ordinateur écrira un roman, voici le nom ingénieux qu’ont donné des chercheurs japonais au livre qu’ils ont co-écrit avec une intelligence artificielle.

Si les hommes ont déterminé l’intrigue et la caractérisation des personnages, c’est le programme qui s’est chargé de la structure. L’intelligence artificielle n’était cependant responsable que de 20 % du travail : les chercheurs ont pris soin de pré-écrire leurs phrases, seul l’agencement a été déterminé par le logiciel.

Le roman a été proposé au concours de science-fiction Hoshi Shinichi qui reçoit régulièrement des propositions de livres d’origine non-humaine… Quatre romans coécrits avec de l’intelligence artificielle avaient été soumis, mais seul Le Jour où un ordinateur écrira un roman a passé le premier tour. La dernière phrase du roman est d’ailleurs assez amusante :

« L’ordinateur décida de se concentrer sur la poursuite de sa propre joie et arrêta de travailler pour les humains. »

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