Aux limites de l’innovation

HitchBOT : une expérience sociale avec un robot inanimé

 

L’expérience avait de quoi séduire. HitchBOT est un petit robot qui a été conçu par des chercheurs canadiens. Il a ensuite été déposé quelque part en juillet 2014, du côté d’Halifax au Canada. L’expérience devait se dérouler comme suit : le robot, incapable de marcher, avait un pouce levé, signe universel du stop. Quelqu’un devait alors le prendre avec lui sur son chemin, prendre des photos s’il le souhaitait et le remettre à quelqu’un d’autre à son point d’arrivée – ou le replacer dans sa position initiale pour que quelqu’un d’autre le ramasse.

Au Canada, l’expérience a été un tel succès que HitchBOT s’est rendu de l’autre côté du pays, à Victoria. En 26 jours d’expérience, il a cumulé 35 000 followers sur Twitter, 355 000 vues de ses vidéos sur Vimeo, 12 600 followers sur Instagram et 48 000 likes sur Facebook. Le petit robot voyageur est devenu une icône que les enfants se plaisaient à suivre sur les réseaux sociaux. Il a été embarqué en canoë, en voiture, à pied, a rencontré des célébrités, a participé à des dîners… bref, une vraie petite vie d’autostoppeur.

 

Catastrophe aux US

 

HitchBot

Ces 10 000 kilomètres d’expérimentation réussie ont amené les concepteurs du robot à réitérer l’expérience sur le sol européen où il a fait un bout de chemin en Allemagne pendant 10 jours, traversant Berlin, Cologne et Hambourg. Son voyage s’est ensuite poursuivi au Pays-Bas avant de tenter une nouvelle épreuve : les USA. Débarqué à Marblehead le 17 juillet 2015, le petit robot a voyagé pendant deux semaines jusqu’à Philadelphie… où l’irréparable s’est produit.

En seulement quinze petits jours aux USA, le robot a été détruit par un passant. Frauke Zeller, co-créatrice du robot, a annoncé la triste nouvelle. Après un tour à Boston, HitchBOT a été repéré par un fan qui a envoyé une photo de sa dépouille à l’équipe qui n’a malheureusement pas pu le repérer parce que la batterie de son GPS était épuisée. L’équipe n’a pas souhaité communiquer la photo de la dépouille mécanique du robot, pour éviter de rendre tristes les enfants qui l’adoraient.

Cette expérience sociale a tout de même pu montrer ce qu’elle cherchait à mettre en évidence : la plupart des gens sont prêts à être bienveillants avec une petite créature robotique et à participer à une aventure qui ne leur rapportera rien. Les expériences au Canda et en Europe montrent qu’un être inanimé de métal est capable de créer de l’empathie et de créer des moments de partage qui font un pont entre le web et la réalité.

Et pourtant, son triste destin en dit aussi long sur l’humanité : on ne sait pas qui a détruit HitchBOT, mais celui qui l’a fait a rappelé aux chercheurs qu’il y aura toujours des gens malveillants. En espérant que le robot puisse récupérer de ses blessures et repartir sur des routes plus clémentes !

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