Aux limites de l’innovation

Accessibilité moderne : quand le smartphone donne des yeux

Si vous vous demandez si un smartphone pourrait convenir à une personne qui n’a pas une bonne vue, qui est malvoyante ou aveugle, la réponse est sûrement positive. En plus d’avoir des interfaces simples et facilement transposables aux commandes vocales, les smartphones récents regorgent d’application qui peuvent rendre service dans des situations de handicap visuel, jusqu’à rendre autonome des tâches autrefois impossibles sans aide extérieure. Petite revue.

 

Light Detector

Light Detector est peut-être la première application à installer par un malvoyant : elle est de celles qui peuvent changer la vie au quotidien. Son principe est fort simple : elle convertit la lumière en son, grâce à la caméra d’un iPhone. Pointez votre appareil dans la direction que vous souhaitez et il émettra un son en présence de lumière. Cette tonalité sera plus grave ou plus aiguë selon l’intensité de la lumière. L’application permet de détecter les sources de lumière avec précision en se rapprochant petit à petit de l’ampoule et permet également de comprendre très rapidement si la lumière est allumée ou éteinte dans une pièce.

Performante et précise, Light Detector comprend aussi où se trouve la lumière du soleil et peut, par exemple, vous permettre de repérer la position d’une fenêtre sur un mur. A l’usage, on s’aperçoit que tout a été conçu et réfléchi pour une utilisation par une personne visuellement handicapée : l’application prend toutes ses précautions pour les configurations et vous indique les temps de chargement pour éviter que vous ne pointiez votre objectif trop tôt. Un must, disponible uniquement sur iOS.

 

Color Identifier

Et voilà le complément idéal à l’application précédente, qui servira quotidiennement, à la fois aux malvoyants et aux daltoniens. Color Identifier porte bien son nom : en pointant la caméra de votre smartphone vers un objet, qu’il tourne sous Android ou sous iOS, l’application se chargera de nommer avec une grande précision la couleur qu’il détecte.

Bien entendu, l’application donne à voix haute le nom de la couleur. Les noms ont été empruntés dans les bases de données de Wikipédia, Crayola et dans des dictionnaires de couleur, ce qui permet d’être plus précis que “bleu” ou “rouge”. D’ailleurs, le développeur de l’application est en train de travailler sur un mode simplifié qui ne donnerait que des couleurs basiques. Les langues parlées se limitent aujourd’hui à l’anglais et à l’espagnol.

 

Be My Eyes

Be My Eyes est une nouveauté fort intéressante. Sortie récemment sur l’App Store, elle est partie d’un constat simple, énoncé par l’inventeur de l’application Hans Jørgen Wiberg : plusieurs de ses amis malvoyants utilisaient FaceTime pour lui demander de l’aide pour voir certaines choses autour d’eux. Il s’est donc dit qu’une application qui permettrait de crowdsourcer la vue pourrait être excellente. Be My Eyes fonctionne comme suit : au premier lancement, vous définissez si vous êtes voyant ou non voyant. Dans le premier cas, vous serez des yeux. Dans le second, vous demanderez de l’aide.

Quand vous avez besoin de voir une date de péremption, une photographie, des indices nutritionnels sur une boîte de conserve, ou encore, tout simplement le paysage devant vous, vous pouvez faire une requête pour vous connecter au premier “voyant” disponible. Se déclenchera alors une conversation vidéo entre les deux interlocuteurs qui permettra à la personne malvoyante d’être aidée par la personne voyante en un clin d’oeil. En 10 heures d’existence l’application comptait 4 000 voyants et 500 malvoyants, signe qu’elle intéresse. Aujourd’hui, les malvoyants sont 3 400 et les voyants 38 000.

Et pour Android ? C’est le prochain projet des développeurs, qui devrait être mené à bien grâce à une levée de fonds.

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